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1er août 1960, le Bénin, alors Dahomey accède à l'indépendance. Aujourd'hui 1er août 2006, 46 ans après, le bilan est là fait de douze années d'instabilité politique de 1960 à 1972, de 17 ans de régime marxiste léniniste de 1972 à 1989. Et depuis 16 ans une ère de démocratisation ponctuée d'alternances paisibles au pouvoir faisant du Bénin un laboratoire de la démocratie en Afrique.
Si au plan politique, la stabilité règne depuis quelques années,, au plan économique par contre, c'est la morosité. La gabégie, la corruption, la mauvaise gouvernance en sont les causes. Conséquence, la vie sociale et en particulier les béninois se portent mal.
Le 06 avril, dans un sursaut collectif, ils ont voulu changer le cours de leur vie en portant massivement au pouvoir un homme qui croît dur comme fer que ça peut changer, ça doit changer et que ça va changer.
Depuis, nous l'avons vu à l'œuvre, courir contre la montre arpentant monts et vallées, survolant mer et océan, donnant des coups de pieds dans la fourmilière et bousculant les habitudes invétérées car l'enjeu est sérieux. Si certains de nos compatriotes l'adulent, le félicitent, l'encouragent et le soutiennent, d'autres par contre restent cependant sceptiques et se demandent jusqu'où il pourrait aller.
Dans le cadre de ce 1er août, l'ORTB, en particulier, la Télévision nationale, s'honore de recevoir le premier des Béninois, Bon YAYI. Pour la première fois de l'histoire de notre pays, un Président de la République accorde un entretien à la presse à l'occasion de la fête de l'indépendance.
Merci Monsieur le Président, d'avoir accepté notre invitation.
BONI YAYI : Merci d'avoir pensé à moi.
Monsieur le Président, vous avez été le président de la Banque ouest africaine de Développement pendant 11 ans, comment est ce que vous appréhendez vos nouvelles fonctions à la tête de l'Etat Béninois.
Je dois vous dire qu'il s'agit de deux environnements différents mais qu'on peut rapprocher du point de vue des objectifs. Pourtant, pendant les 11 années que Dieu m'a permis de passer à la tête de cette institution sous-régionale, nous avons été dans cette conviction que seul le développement libère l'homme. Et c'est dans cet esprit qu'il a été créé cette institution. Et tout le séjour que nous avons passé là-bas, nous avons appris à nous familiariser avec cet objectif.
Alors, je me retrouve à la tête de l'Etat béninois où la question politique est presque réglée, vous comprenez ce que je veux dire. Je retrouve un peuple décidé, décidé de faire parler de lui-même dorénavant dans ses ambitions économiques, dans sa vision de faire du Bénin un pays de prospérité, de création de richesses et de partage. Donc, je crois que même si les environnements sont différents, les objectifs se rejoignent et je ne me sens pas dépaysé.
La question de la filière coton : vous avez fait du coton une priorité à votre arrivée au pouvoir. Vous avez ordonné le paiement des cotonculteurs. Vous nourrissez l'espoir d'aller à 600.000 tonnes pour la campagne 2006. Est-ce qu'on peut s'attendre encore à ces 600.000 tonnes pour cette année ?
Oui ! je crois que l'enjeu était de taille, l'ambition reste la même et demeure. Ce n'est plus la peine de reprendre l'exposé des motifs. Le Bénin était connu à l'époque par sa performance en matière de production cotonnière. Et du coup, cet accident. Cet accident qui, j'allais dire, a failli nous emporter et emporter la Nation. Parce que si cette filière cotonnière disparaissait, on ne parlerait plus du Bénin à l'échelle internationale. Il s'y ajoute d'ailleurs que ce qui est fondamental et que nous devons retenir si nous parlons du coton, il ne s'agit pas d'une culture comme n'importe quelle culture, c'est une culture importante. Parce que sans me tromper sur la base des statistiques établies internationales deux Béninois presque sur trois vivent de cette filière. C'est une question entièrement importante et je crois que ce n'est pas par pur hasard que vous me l'avez posée. Nous avons pris cet enjeu au sérieux et le dispositif institutionnel qui a été mis en place, le dispositif matériel, le dispositif humain laissent croire que l'ambition qu'on s'est fixée, celle de doubler la production ne serait pas un vœu pieux. Mais malheureusement, l'obligation de rendre compte m'oblige de dire la vérité.
Et la vérité aujourd'hui, c'est quoi Monsieur le Président ?
La vérité, c'est qu'on n'a pas compté peut être avec le coton les aléas climatiques. C'est ce qui m'a été rapporté avant de rentrer dans ce hall, dans cette salle. Que du fait de l'insuffisance des pluies, on peut déjà à la baisse cet objectif.
C'est une projection, c'est un objectif qu'on s'est assigné. Tout ce que chacun doit faire dans la vie, c'est de dire j'ai la volonté de faire ceci et c'est ce que nous avons voulu faire. Et il semble que en réalité, on peut espérer 70% de cette prévision.
Monsieur le Président, la question des intrants n'était pas liée à ces aléas climatiques ? Est-ce qu'on peut trouver une solution définitive ?
Ecoutez, je ne sais pas à quoi vous pensez. Cette question n'est plus une question récurrente puisqu'elle a été réglée. Les intrants, vous avez parfaitement raison, ont été un facteur d'incertitude à un moment donné. Tant il est vrai que le monde qui s'en occupe n'a pas su gérer cela dans l'harmonie. Mais rendons grâce à Dieu, nous avons su trouver une solution. Et, je crois que pour répondre à votre question, nous devons tenir compte de ce qui s'est passé. Je crois, votre sentiment c'est que pour nous autres, c'est un appel dont il faut tenir compte pour faire en sorte que nous puissions revoir le cadre institutionnel qui doit présider dorénavant à la promotion de cette filière pour le bonheur de notre peuple.
Monsieur le président, au-delà du coton qui reste, on vient de le voir, l'épine dorsale de l'économie béninoise, vous êtes allé plus loin en proclamant la révolution verte. Vous avez rencontré les acteurs du secteur agricole. Quelles sont les stratégies définies pour atteindre cet objectif d'autosuffisance ?
Ecoutez, ce que nous avons constaté, c'est connu de tout le monde. L'agriculture, vous l'avez si bien dit, nous n'irons nulle part si elle est marginalisée. Tant il est vrai que ce secteur utilise, comme vous le savez bien, plus de 80% de nos recettes d'exportations, si je n'exagère, font pour plus de 12%, 13% du produit intérieur brut, c'est-à-dire de cette richesse que nous créons tous les ans. On peut en multiplier l'importance. Mais aujourd'hui, nous sommes en train de prendre du retard. Donc, c'est la raison pour laquelle nous avons estimé qu'il s'agit d'identifier maintenant les piliers sur lesquels il faut travailler pour que nous puissions reprendre cette agriculture. Et l'objectif, c'est que le Bénin doit être dorénavant une puissance agricole d'ici les dix, les quinze années à venir, si on veut être laxiste ; faire en sorte que le Bénin fasse partir des quinze premières puissances agricoles du monde. Je dis du monde et non du continent africain. Alors, il y a la question de l'eau qu'il faut impérativement régler, la maîtrise de l'eau autour de laquelle il faut s'atteler. Parce que jusque là ce que nous avons fait, nous attendons qu'il pleuve. Nous n'avons pas mis en place des mécanismes ou des techniques de conservation d'eau. Il faut qu'on règle ça. Il y a la question des pistes rurales, la question de la mécanisation de l'agriculture, la question de la diversification, la question de cadre institutionnel, la question de financement, vous voyez, et la motivation. Nous avons fait de chacun de ces points un programme de travail. Et nous en sommes heureux pour la simple raison que lorsque nous avons rencontré nos concitoyens qui ont eu la chance d'avoir été formés pour promouvoir ce secteur, je veux nommer les ingénieurs agronomes, je leur ai dit que l'agriculture ne se fait pas dans les bureaux. Ils ont été formés par le contribuable béninois, par la Nation. Mais la Nation est en danger, il fallait pour eux un sursaut et, je crois que c'est ce qu'ils ont fait. Ce plan stratégique pour la relance de l'agriculture à notre avis, est une mine d'enseignements. La vision est là, les stratégies sont nombreuses. Vous savez ce que nous sommes en train de faire, c'est de phaser les différentes actions, c'est-à-dire qu'est ce que nous allons faire dans les deux mois à venir, dans les trois mois, dans les six mois, de manière à ce que le concitoyen sente en réalité que ce n'est pas encore une stratégie de plus.
On a déjà entendu dans ce pays que l'agriculture est le moteur de notre développement et ce sont ces mêmes ingénieurs agronomes, ces mêmes vétérinaires qui étaient aux côtés de ces personnes ?
Ce n'est pas le même leadership en termes de vision.
La question des hydrocarbures est une de vos priorités, où en êtes vous aujourd'hui ? Y a-t-il eu de reculade ?
Non pas du tout. Pour une question aussi importante, aussi grave, il ne saurait y avoir de reculade. Ce qui est important, c'est de tenir compte de l'environnement. Nous avons dérapé, il faut le reconnaître. Si je dois vous répondre par ce à quoi vous faites allusion, c'est-à-dire aujourd'hui de la forte dépendance de nos citoyens de ce que nous appelons maintenant ce commerce illicite et que tout le monde reconnaît comme commerce dangereux. Je dis que tout est lié. Si on a su gérer le secteur formel on ne parlerait pas de ce secteur informel, j'espère que vous êtes d'accord avec moi. C'est la raison pour laquelle, lorsque nous sommes arrivés, nous avons dit la priorité des priorités, c'est il faut qu'on assure l'approvisionnement du pays. Mais je parlais d'un certain nombre de handicaps. La structure appelée à s'en occuper a été défaillante. Mais que faire ? Le gouvernement précédent a mis en place un cadre qu'on peut appeler provisoire. Et c'est à l'intérieur de ce cadre que nous avons estimé qu'il faut aller de l'avant, ça n'a pas été facile. Nous avons sollicité le concours de nos partenaires bilatéraux, multilatéraux. Nous avons mis en place des mécanismes financiers, bancaires sur place. Et aujourd'hui, nous nous approvisionnons au même titre qu'un Etat sérieux c'est-à-dire le bateau flottant avec des moyens financiers. Regarder lorsque la crédibilité convient, c'est que certains Etats nous font des livraisons à régler avec un certain délai de grâce. Ce qui fait qu'aujourd'hui nous pouvons dire que par le canal des stations de la Sonacop que la totalité des ces stations sont approvisionnées. Et ce qui marque, c'est que par ce biais là nous contrôlons à peine 50% du marché. Si on ajoute ce qu'apportent les sociétés privées de distribution oryx et consorts, naturellement le secteur informel reste encore contraignant. Donc la priorité, allons vite dans l'approvisionnement total, allons vite dans la mise en place des contenances, des petites stations, des mécanismes appropriés dans nos campagnes les plus éloignées. Mettons en place une politique douanière fiscale appropriée, une bonne gouvernance entre nos frontières, entre le Nigeria et le Bénin. Et nous sommes convaincus que ce commerce illicite disparaîtra de lui-même. Et vous savez, le jour où j'ai rencontré mes patriotes qui s'adonnent à cela, l'un deux ma dit ceci : « monsieur le président, votre ministre nous donne un délai de deux semaines. Vous savez de quoi moi je me nourris ? Je me nourris de ça, ça fait 35 ans. Que je me nourris de ça et j'emploie environ 540 agents qui sont des Béninois. Et vous me demandez de faire quoi, de mettre une croix sur 35 années d'exercice. Ecoutez, nous en sommes conscients. Vous êtes sérieux, on vous prend au sérieux. Le résultat, c'est que avec vous, nous sommes convaincus que le Bénin va en finir. Mais allons y progressivement et méthodiquement ».
De cette façon de gouverner, comme vous l'avez dit, au regard de l'ultimatum, du moratoire, ils en sont à organiser aujourd'hui une fête dans tout le pays ces vendeurs et trafiquants dans le secteur informel. La politique responsable veut qu'ils arrêtent et qu'on mette en place ce qu'il faut pour approvisionner le pays ?
Est-ce que cette façon de faire ne donne pas la limite de la gouvernance concertée ?
Je crois cette structure est nécessaire. Moi, j'ai appris avant d'arriver que le gouvernement précédent avait tenté mais certainement que les gens n'ont pas compris les mesures d'accompagnement. Ça a donné lieu à l'échauffement dans les rues. Nous sommes un pays de paix aujourd'hui. Les défis sont nombreux. Est-ce que quelqu'un s'est adonné à faire les statistiques de nos compatriotes qui s'adonnent à ça ? Et si je vous dis qu'il y a environ deux millions. Plus de deux millions. Ça veut dire quoi ?
1- c'est d'abord de leur expliquer la gravité de leurs actes. Ce n'est pas un commerce d'un pays comme le nôtre qui atteint un niveau de démocratie qui fait le bonheur de tout le monde. Et il leur est dit que nous sommes prêts à mettre en place des mesures d'accompagnement pour leur permettre de s'éloigner, de s'éloigner de cette activité. Donc, des mesures de reconversion, l'accès aux financements, aux micro-crédits, à l'encadrement et tout ceci nous conduit à aller vers cette politique d'accompagnement. Quand on parle de microfinance, ce n'est pas pour rien. C'est à cause d'eux. Les politiques doivent leur permettre de se désengager d'eux-mêmes, c'est-à-dire une prime d'incitation. Progressivement, ils doivent se dire «je perds » en m'adonnant à ce commerce. De toutes les façons, ils savent que nous sommes en train d'aller vers un butoir. Et ils savent qu'avec moi lorsqu'il y a un butoir...
Y a-t-il toujours le moratoire ?
De toutes les façons, nous sommes en train de nous organiser. Ce qui est convenu, c'est que nous avons mis en place un comité paritaire assisté par les deux parties c'est- à- dire le gouvernement et leurs représentants et qui sont en train de travailler avec les ministres. Je suis même impatient d'avoir ces résultats. Et ensemble, lorsqu'on aura arrêté les choses, à mon avis, l'essentiel est dans notre camp, puisqu'ils ont dit qu'ils sont prêts à se reconvertir pour autant qu'on leur propose quelque chose qui puisse les occuper. C'est parce qu'ils n'ont pas d'autres choses qu'ils se livrent à cela. Et donc la balle est dans notre camp. C'est pourquoi nous sommes en train d'aller vite. La preuve, on a avancé l'organisation du séminaire sur la micro finance prévu pour Septembre ou Octobre. On a dit non. Il vaut mieux carrément, à cause de ces populations, que nous puissions aller vite.
Justement la micro finance devient aujourd'hui un outil de développement pour aider nos compatriotes à sortir de la pauvreté. Alors l'expérience de la micro finance que certains quand même ont eu aujourd'hui démontre que les taux d'intérêt les tuent et pourtant vous aviez annoncé que vous pourriez au cas où vous viendrez au pouvoir, votre gouvernement pourrait dans sa politique engendrer le prêt mais à des taux zéro. Voulez-vous préciser votre pensée et comment ça va se faire aujourd'hui ?
Parlons quand même de la disponibilité des possibilités ou alors pour être clair parlons de l'accès à ces ressources là. Ce n'est pas donné. Ça fait des années que nous avons des institutions de micro-finance et je profite de cette occasion pour les féliciter, ces institutions qui ont pu faire ce qu'elles ont pu faire.
Elles sont en règle ?
Oui naturellement.
Parce que si elles n'existaient pas, la situation aurait été encore plus grave. Donc notre démarche participe de deux côtés : d'abord assurer la disponibilité et je crois aujourd'hui que l'Agence Nationale de Promotion de l'Emploi (ANPE) est interpellée. Elle verra son rôle renforcé en nous aidant d'abord à mettre sur place une banque de données. Quels sont aujourd'hui les femmes et les jeunes qui veulent bien travailler et qui sont dans une situation difficile ? Il faut qu'on ait les statistiques. Elle est entrain de le faire. Nous avons décidé de la renforcer également en mettant en place un fonds que nous allons appeler fonds de reconversion et de réinsertion qu'elle va gérer. Et ce fonds naturellement s'occupera de l'encadrement de ceux-là une fois qu'ils sont saisis. Encadrement en termes de renforcement des capacités à initier des projets, à évaluer les projets, à gérer les projets, la formation sous tous les aspects. Et lorsque ce volet là aura été pris en compte au niveau de l'ANPE, alors les intéressés seront pris en charge par le fond national de microfinance, qui aujourd'hui est en train de mobiliser les ressources intérieures, nos partenaires privés, nos partenaires bilatéraux, nos partenaires multilatéraux dans le dialogue que nous menons avec la communauté nationale et internationale. Donc ce fonds va donner des ressources ; renforcer ces institutions de microfinance qui existent déjà. Le fonds va leur donner les ressources d'octroyer à nos compatriotes qui seront dans le cas, une première assistance. Deuxième assistance, octroyer des garanties pour que ces institutions se décident à soutenir ces compatriotes, travailler au renforcement de capacités de ces institutions de micro-finance. Je crois que là où nous en sommes, lorsqu'on va régler le problème de la disponibilité, naturellement, quelles conditions ? Parce que la question de l'ampleur de la pauvreté est telle que si le secteur financier veut apporter sa contribution, alors cette contribution doit être franche et sincère. Les taux d'intérêt sont élevés, on n'y peut rien. Certaines institutions vont jusqu'à 22, 23%. C'est pourquoi au niveau des trois institutions, la Banque ouest africaine de développement, la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, la Commission de l'UEMOA, nous avons décidé de créer la Banque régionale de solidarité, que nous appelons vulgairement la banque des pauvres pour renforcer ces institutions de micro-finance. Mais l'autre volet c'est qu'elle octroie elle même directement. Et elle aussi, il faut la renforcer. On m'a dit qu'elle fait un taux de 8 à 10%. Par rapport à ces institutions qui faisaient du 22%, on a fait un pas. Je ne sais pas l'esprit demeure qui consiste à octroyer ces micro-crédits à des taux suffisamment bas pour ne pas dire nuls. Et justement les efforts que nous ferons doivent aller dans cette direction. Faire en sorte que les ressources qui seront mises en place à nos compatriotes, qui souffrent dans ce secteur, soient des ressources les moins chères possibles. J'ai même oublié de dire que ce fonds national de micro finance va intervenir de manière à ce que les taux d'intérêt soient de plus en plus bas. Donc ça épouse quoi ? Ça épouse l'idéal que nous avons défendu pendant ce à quoi vous avez allusion, le projet de société. Moi j'ai la conviction que d'ici là, on va en arriver là, en toute action provenant du gouvernement. Mais ce que je voulais dire dans cette affaire, si vous prenez l'UEMOA, elle est connue par la qualité du secteur financier formel. Le secteur financier formel est saint, sécurisant ; tant il est vrai que l'environnement est sain, sécurisé, tant il est vrai que les conditions d'accès, l'agrément de licence ont été , j'allais dire, assainis par des institutions et chaque institution a su joué son rôle. Nous voudrions passer par là en ce qui concerne aujourd'hui les institutions de micro finance. Faire en sorte que ce secteur financier les gens l'appellent secteur financier informel, je ne sais même pas pourquoi il y a un débat là-dessus mais on se comprend bien- pour que ce secteur soit également assaini de manière à ce que de plus en plus maintenant le secteur financier de notre union d'une manière générale, du Bénin d'une manière particulière, offre plus de facilités, en tout cas, contribue sincèrement à l'éradication de la pauvreté. Je m'en suis félicité, les banques commerciales qui hier ne savaient pas de quoi on parle quand on parle de micro crédits, la plupart sont venus dire nous allons nous engager parce que nous sommes concernés par la pauvreté de nos concitoyens. Moi j'ai de l'espoir.
Monsieur le Président, on sait aujourd'hui quand même que les institutions de micro finance ne peuvent pas régler définitivement ou partiellement la question du chômage. C'est une contribution. Alors quel est l'apport de votre gouvernement ? En matière de réflexion, vous avez quand même réfléchi sur la question du chômage des jeunes. Il y a beaucoup de jeunes qui sortent de nos écoles et universités qui ne trouvent pas à faire. Vous avez parlé de l'adaptation de la formation à l'emploi, l'auto emploi. Mais est ce que en dehors de ça vous avez d'autres ambitions pour les jeunes de votre pays ?
Absolument. C'est complexe la question du chômage. Il faut, par cette occasion, dire ce que nous sommes entrain de préparer. Je crois qu'il faut que chaque chose ait son temps et généralement l'heure de Dieu est toujours la meilleure. Je crois aujourd'hui que si vous m'obligez à en parlez, vous allez me couper et vous ne serez pas satisfait. Je dois vous dire que vous avez parfaitement raison et que de toutes les façons, on ne peut pas régler la question du chômage d'une manière générale aujourd'hui en dehors de ce que nous avons dit. Je vous le dis : commençons d'abord à mettre de l'ordre dans nos affaires, la gestion de la cité. Commençons par mettre de l'ordre parce que c'est fondamental, parce que on sait déjà ce qu'on veut faire. Ce qu'on veut faire, c'est d'assurer la prospérité de la Nation ; faire en sorte que chaque Béninoise et chaque Béninois vive son bonheur, donc ait du travail, crée la richesse ou contribue en partie à la création de la richesse de ce pays. Votre question pose le problème de la stratégie. C'est pourquoi je vous ai dit que j'aurais proposé qu'il y ait une autre émission parce que pour ma part, nous devons d'abord reprendre, gérer nos ressources et pour le faire nous devons régler la question de la bonne gouvernance. Parce que nous permettant d'abord dans un premier temps, d'identifier et de retenir toutes les ressources que nous gaspillons aujourd'hui sous toutes les formes, il y en a. Je suis en mesure de vous dire que c'est ce qui me tient à cœur aujourd'hui. Si le peuple béninois accepte ce combat parce que c'est lui qui a décidé le changement, ce n'est pas moi, c'est lui qui a décidé... Lorsqu'on parle de reculade, moi je ne recule pas. Il y en a qui veulent reculer peut-être. Si chacun doit accepter que le changement doit s'appliquer à lui, je vous le jure, on réussira sur le front de la bonne gouvernance. Et si on réussit cela, nous pourrions financer à 80%, je ne me trompe pas, je vous le démontrerai la prochaine fois, nos ambitions d'éradication du chômage.
Si nos ressources étaient bien gérées ?
Absolument. Je parle de la bonne gouvernance. A l'intérieur, nous avons la question de la promotion des investissements privés parce que c'est les investisseurs qui créent de l'emploi.
C'est à ça qu'on en vient Monsieur le Président. On prendra le rendez-vous pour le problème de chômage.
Absolument, je vous attends, je vous attendrai. En tout cas, nous, on est presque prêt.
Donc le chômage, la lutte contre la pauvreté ne seront pas résorbés tant que les investissements ne seront pas à la hauteur de nos besoins ?
Certainement.
Malheureusement aujourd'hui, quand nous allons dans ce secteur-là, les investisseurs y redoutent quoi ? Ils redoutent le harcèlement du Fisc, l'hostilité du marché financier, la corruption, la rareté de la main d'œuvre qualifiée. Alors à cette allure, est-ce que vous n'avez pas un peu peur M. le Président que le Bénin demeure une destination maudite pour les investisseurs ? Parce que le dernier rapport de la CNUCED démontre aujourd'hui quand même que le taux d'investissement dans notre pays est si infirme que je n'ose même pas sortir le chiffre.
On est à près de 12%.
Même le président de la Banque Mondiale qui était chez nous il y a quelques jours, a parlé d'un certain nombre d'obstacles à l'investissement au Bénin
Qu'est-ce que vous en projetez ?
Je ne sais pas si vous me posez une question. Vous me demandez s'il faut que nous renoncions ? Non. Je vous ai dit qu'il y a une détermination. Nous acceptons de jouer le rôle de leadership. En termes de vision, entendons-nous sur la stratégie à mettre en œuvre. Dans tous les cas de figure..., que chacun se dise que nous sommes dans un état et que chacun n'est pas libre de faire ce qu'il veut pour autant que l'acte qu'il veut poser ne serve pas l'intérêt national. Donc cette question de l'autorité de l'Etat est fondamentale. Secundo, je viens de le dire, je risque de vous ennuyer...
Pas du tout
La question de la bonne gouvernance, je vous le dis, est prioritaire et fondamentale. Nous réglons cela. Et d'ailleurs, vous avez raison, si le gouvernement veut promouvoir l'investissement, toutes ces questions sont des prérequis, c'est des préalables à lever sans compter maintenant tout ce que nous constatons au niveau de l'environnement des affaires. Vous l'avez dit, la question de la justice, la question de la réforme foncière, la corruption je mets ça dans la bonne gouvernance, vous avez raison, il faut répéter cela, la question des infrastructures, la question de l'eau, de téléphone des télécommunications, du point de vue coût naturellement en terme de compétitivité, la question de marché, la question de la décentralisation. Nous avons toute une série de points, de boutons sur lesquels nous devons toucher aujourd'hui. Ecoutez, une croissance à 3% aujourd'hui ; en 2007 une croissance démographique de 3,2%, nous n'avons plus rien encore à partager parce que la croissance économique, c'est tout juste ce que nous avons créé en plus au cours d'une année donnée, n'est-ce pas ? Tandis que ça, ça ne suffit pas parce que le nombre de bouches à nourrir augmente vite. C'est impossible. Et lorsque nous devons nous conformer c'est notre devoir en tant que gouvernement- d'ici-là à l'an 2015 en terme d'objectifs fixés par le système des Nations Unies, il faut : assurer l'éducation pour tous, réduire de moitié la pauvreté, l'accès à l'eau etc., je dois vous dire que nous avons encore du chemin à parcourir. Parce que à ce rythme, si la tendance n'est pas inversée, au lieu d'attendre 2015 pour le seul volet de réduction de la pauvreté, nous aurons besoin d'attendre l'an 2150. Vous voyez que c'est trop sérieux ce dont on parle. C'est trop sérieux. C'est pourquoi, les gens ont dit, qu'il y a des pays aujourd'hui, pour qu'ils espèrent d'ici à l'an 2015, réaliser certains de ces objectifs là, il faut une croissance de 7% . Mais ils ont commencé par dire 8%. C'est pourquoi dans notre projet de société, nous avons parlé d'une croissance à deux chiffres. Pour le moment huit, neuf pour cent et dans les cinq années à venir et c'est très sérieux. Le problème c'est que c'est possible. Quand je vois aujourd'hui :
1) la qualité des ressources humaines de notre pays ;
2) les potentialités agricoles, touristiques ;
3) Le positionnement géopolitique, géographique dans la sous région.
Je vous dis, que si nous excellons dans la bonne gestion, la lutte contre la corruption, la lutte contre l'impunité, l'obligation de résultat et l'obligation de rendre compte, je peux même fixer un rendez-vous, je suis prêt à parier que dans les cinq années à venir, on devrait tourner autour de 8% pour un taux d'investissement, vous l'avez indiqué, qui doit être autour de 30 %, 33%. Aujourd'hui, les pays asiatiques sont autour de ce taux d'investissement. Nous sommes à onze, douze pour cent. Mais pour faire quoi ? C'est pourquoi nous disons que nous sommes arrivés à un moment où nous avons su régler la question politique. La question économique doit être au fronton du quotidien de chaque Béninoise et de chaque Béninois et quelle émergence économique doit être la priorité des priorités ? Naturellement, elle a besoin de stabilité politique.
Quel sera le rôle du conseil présidentiel des investisseurs dans ce nouvel environnement incitatif à créer ?
C'est un cadre institutionnel pour promouvoir les investissements privés. Certains pays l'ont fait, le Sénégal, le Mali etc. Et d'abord, c'est une structure rattachée à la présidence parce que aujourd'hui l'Etat a tellement démissionné dans la plupart de nos pays que les investisseurs étrangers peuvent faire, exigent aujourd'hui qu'une structure de ce type-là soit logée auprès du premier magistrat de ce pays. Et c'est ce que nous avons fait. Maintenant, quand par exemple, nous avons dit, nous prenons 1/3 des investisseurs qui déjà connaissent ce qu'il faut faire, l'expérience en matière d'investissement au pays, 1/3 des étrangers qui veulent investir dans le pays et 1/3 des étrangers qui se posent des questions : faut-il aller investir au Bénin ? Je crois, on aura une équipe. On en aura de Béninois, d'Européens, d'Asiatique, d'Américains etc. qui vont se retrouver périodiquement et qui vont identifier les obstacles à la promotion des investissements privés. A chaque réunion, les décisions sont immédiatement exécutoires. Naturellement, tel que c'est fait, c'est le secteur privé qui parle devant le Président de la République. Et quand on parle du Président de la République, il y a le gouvernement qui est derrière. Naturellement, les décisions seront examinées en conseil des ministres. C'est pour dire que ces décisions seront immédiatement exécutoires. Si à notre première réunion, les gens sont allés jusqu'à dire voici ce qui nous fait mal au port de Cotonou, ça sera immédiatement réglé parce que nous ne sommes pas souvent là. Ceux qui vivent dans ce secteur privé, vivent au quotidien les problèmes d'investissement dans cette structure. C'est une mesure qui vient renforcer ce que nous appelons la gouvernance concertée.
Monsieur le Président, puisque vous parlez du Port, on sait que vous nourrissez aussi beaucoup d'ambitions pour ce Port. Vous étiez à Singapour, vous avez fait un peu la comparaison. Quelle est votre ambition pour le Port de Cotonou ?
L'ambition, vous savez, les Singapouriens ont réussi à faire de leur port le cœur de leur prospérité. C'est-à-dire que la richesse est partie du port et s'est répandue. L'analogie que j'ai faite c'est qu'il y a une forte similitude du point de vue du positionnement entre Singapour, Hong Kong, en Asie du Sud Est, le Bénin en Afrique de l'Ouest. Vous voyez, qu'il est là en tant que pays de transit, porte d'entrée des pays de l'Hinterland qui travaillent. Le Bénin, le Burkina, le Niger, le Burkina, le Mali, c'est des peuples sérieux qui, parce qu'ils sont défavorisés par rapport à des pays côtiers, ont besoin de la disponibilité de ces ports comme le nôtre. Je voulais dire que le Port Autonome de Cotonou fait perdre aujourd'hui environ 2% de croissance économique.
Comment le rattraper ?
Au prix des mesures que nous sommes en train de prendre. Il faut impérativement assainir tous les secteurs et préserver la sécurité, la compétitivité, la sérénité dans les opérations et compléter cela également par la sécurisation du corridor.
Et peut-être achever l'informatisation de tout le circuit ?
Alors le renforcement des capacités, le renforcement institutionnel, autant de réformes surtout à l'intérieur du port. Et c'est dans ce cadre là d'ailleurs que même nos partenaires aujourd'hui sont prêts à nous aider parce qu'ils ont su que sans le port, une croissance forte au Bénin n'est pas possible. Voyez, je parle du Millénium Challenge Account, les Américains, également la France, même le dialogue que nous menons actuellement avec les institutions de Breton Wood, la Banque Mondiale, le Fons Monétaire, la question du port est toujours prise en compte. C'est la raison pour laquelle, vous voyez, n'ayez pas le sentiment que nous exerçons un harcèlement sur le personnel du port. Non. Nous voudrions les appeler à plus de professionnalisme parce que nous sommes en train de nous écarter des normes internationales. Voilà ce que les Singapouriens ont fait et c'est ce rêve qui m'anime. Et je crois que aujourd'hui, le personnel a tout compris. Et toutes les régies, je crois, qui sont dans la plate forme, que ça soit les douanes, les transitaires, les consignataires, etc. Tout le monde est interpellé et je crois à la dernière rencontre, j'ai eu l'assurance que l'objectif est partagé. Et c'est ça qui m'encourage.
Monsieur le Président, la question des télécommunications, tout cela est lié à l'environnement des investissements. On va faire un ??????? sur la question des télécommunications et parler de vous-même et de votre accession au pouvoir. On sait qu'il y a une kyrielle de partis, d'associations qui ont soutenu votre candidature. Mais aujourd'hui, comment vous arrivez à gérer toutes ces attentes là au niveau de ces associations et partis politiques ?
Moi je n'ai pas de problèmes. Ce qui me préoccupe aujourd'hui : je suis sur une piste, je veux décoller et il y a des trous. Je décolle pour aller où se trouve la croissance. Voilà !
Vous évitez les trous ?
Non. Ces trous, il faut les boucher. ... Parce que là, le terrain politique est toujours partout.
D'abord, je voudrais remercier tous les Béninois et je l'ai fait. Parce que la stabilité politique n'est pas si évidente. On sait ce qui se passe ailleurs. Nous en sommes à ce stade aujourd'hui. Le message en tout cas qui m'anime tout le temps et je ne le répéterai pas assez, je dis bien merci à nos aînés qui nous ont gouvernés : le Président Kérékou, le Président Zinsou, le Président Soglo... Je les remercie infiniment du fond du cœur parce qu'ils ont su faire, ils ont fait ce qu'ils ont pu faire. Merci encore à la classe politique, également la société civile.
Vous venez d'arriver, est-ce que vous nous donnez la garantie d'aller sur ce terrain ?
Mais je suis condamné parce que en disant que nous allons faire une croissance à deux chiffres, j'ai supposé que la question politique est réglée. Alors, tous ces gens qui sont avec moi, que je crois sincères, sont entrain de s'organiser. Il y en a qui ont travaillé à mes côtés au moment où le peuple se préparait à choisir ses nouveaux dirigeants. Et ceux là, je vous le dis, pratiquement, ils travaillent toujours. Ils travaillent tous toujours, j'ai du mal, j'ai de la peine à m'exprimer de cette manière, ils travaillent toujours sans moyens parce qu'ils ont un idéal. Mais ce que je me propose, c'est de tout faire pour que nous partagions la même vision. Ce n'est pas que nous venons parce qu'il y a un gâteau quelque part. Non, ce n'est pas en ces termes là. Ce n'est pas du tout en ces termes. Ceux que je crois sincères veulent bien parce qu'on s'est déjà entendus sur la vision et ils sont prêts à venir. C'est dans ce sens qu'il faudrait un effort considérable pour que nous puissions nous retrouver dans un cadre de concertation stable et ayant la même vision, la nécessaire marche de la prospérité du pays. Voilà là où nous en sommes. C'est vrai, vous dites qu'ils sont nombreux. Je m'en félicite. Ça veut dire quoi ? Ce sont eux qui ont décidé le changement et si je ne vais pas dans cette direction, je les aurais trahis.
Monsieur le Président, il y a plus de trois mois que vous avez formé votre Gouvernement. Mais les cabinets ministériels tardent à être formés. Qu'est-ce qui bloque la formation des cabinets ministériels ?
D'abord, je ne comprends pas cette question là. C'est les béninois qui sont dans les cabinets !
Cela bloque un peu le fonctionnement de l'administration ! Quand il y a un nouveau régime, ceux qui étaient là se mettent toujours dans la position d'être balayés. C'est la pratique. Vous avez peut-être décidé de changer les données ?
Ecoutez, ça c'est une question qui me peine. Nous sommes arrivés à un stade où nous devons réellement nous poser cette question pour la simple raison que l'administration doit être une administration neutre. Et nous devons travailler là dessus. Voyez, nous sommes arrivés... Mais tous les partenaires qui viennent et que je reçois, je ne le dis pas, ils ont dit « l'équipe nous rassure ». Vous avez, un seul problème : l'administration. Vos administrations ne nous rassurent pas. Ça veut dire quoi ? Nous devons aller vers une administration moderne et qui soit un vecteur de développement. Alors, pour ma part, je pense à ces concitoyens compétents, je dis bien compétents, intègres, honnêtes, qui ont un idéal pour le pays. Mais pas à ces concitoyens qui, à chaque occasion se disent : « où se trouve le sens du vent ? C'est lui qui va gagner... » . Et lorsque ça change on commence à changer encore. Ma conclusion est celle-ci : nous allons travailler pour avoir une administration neutre qui soit la mémoire, pour permettre au secteur privé d'intensifier le rythme de la création de richesses. C'est ça que nous n'avons pas aujourd'hui. Vous avez des pays comme le Canada qui nous donne un bel exemple ! Et nous allons parvenir à cela. L'administration doit être neutre de toutes ces activités politiques. C'est vrai, dans la constitution, tout citoyen se sent concerné mais je veux bien que nous donnions maintenant un idéal. Maintenant, est ce que c'est ça qui inquiète parce que les gens sont sûrs de partir ? En tout cas, les instructions que moi j'ai données, c'est de privilégier le professionnalisme, l'excellence et surtout, la conviction, je dis la croyance à ce changement et la capacité à y apporter. Voilà. Je crois que c'est le point de départ.
Lorsque nous sommes arrivés, nous avons déjà fait un séminaire et c'est dedans que nous avons dit, comment allons nous faire ? D'abord, nous devons nous connaître, on l'a fait. Qu'est ce que nous voulons faire ? On s'est entendu. Deuxièmement, comment nous allons organiser la Présidence de la République ? Il fallait un texte organique, un décret, etc. C'est là où nous avons pris du temps. Donc c'est à partir du décret que les décrets dérivatifs des ministères ont été faits. Au niveau des ministères, il y a eu du retard. C'est ça qui a fait que aujourd'hui, en réalité, la question des nominations a pris du temps. Mais je dois vous dire que pour ma part, ceux qui étaient là, s'ils sont compétents, il faut les laisser ! Je dis bien s'ils sont compétents parce que c'est ça qui est fondamental. Moi, je suis arrivé. L'équipe qui a été mise en place, avec qui je travaille aujourd'hui est constituée de 2/3 de technocrates. Et sur les 2/3, peu d'entre eux ont été connus par moi-même avant de poser l'acte. C'est-à-dire, j'en connais peu en dehors du Ministre du Développement, de l'Economie et des Finances et de certains parmi eux. C'est parce que j'ai donné le mode d'ordre en disant : le premier Gouvernement doit être basé sur le professionnalisme, des hommes de dossiers et des hommes intègres. Certainement, quelque part, on a commis des erreurs. Mais voici ce qui a été le mot d'ordre, au point que ceux qui ont fait le travail, se sentent aujourd'hui trahis. Mais pour moi, c'est pour renforcer la crédibilité de ce que nous voulons faire et, chaque fois que je les rencontre et qu'ils me disent : « Ah bon ! Vous nous lâchez ! », je dis non. Vous êtes présents, vous êtes là. Ce que je vous demande, nous devons mieux nous connaître, tirer sur l'excellence. Tout ce que nous faisons doit apporter la crédibilité devant le peuple. Donc c'est sur cette base que le Gouvernement a été constitué. Donc, vous comprenez très bien que ce n'est pas moi qui vais aujourd'hui faire partir des gens qui sont compétents ... à moins qu'ils n'aient commis peut être trop d'excès pendant que le peuple a décidé de changer, de se situer au niveau de la comparaison des projets de société.
Monsieur le Président, on entend aussi dire que si les cabinets ministériels tardent à être formés, et c'est la dernière question sur ce volet là, c'est parce que vos proches aussi veulent placer leurs Hommes. Est-ce que c'est vrai cette information ?
Je ne suis pas informé. C'est leur droit légitime. Ils se disent : « Vous nous avez lâché pendant la constitution du Gouvernement. Nous avouons compter en notre sein des compétences, mais pourquoi vous nous laissez ? » On ne peut pas comprendre ça ! Naturellement, c'est des forces politiques, c'est des partis politiques. C'est leur droit. Ils disent « Nous sommes constitués pour prendre le pouvoir. Mais nous avons gagné les élections et on se sent écarté de l'exercice du pouvoir». Je leur ai dit non. Ce qui compte, c'est surtout l'excellence. Nous allons travailler, nous allons gérer... Au début, nous avons parlé du partenariat ! Nous allons reprendre les termes du partenariat. Nous allons identifier les poches de compétence et je leur ai donné l'assurance que ces compétences ne seront pas abandonnées.
Là, vous l'avez dit, il y en a qui vous ont aidé et qui se mobilisent aussi et qui continuent et, au regard de ce qui se passe dans notre pays, on a l'impression qu'il n'y a pas une opposition politique à votre action. Ensuite, vous soulevez une popularité que je crois fait rêver beaucoup de politiciens dans notre pays.
Si c'est vrai, je ne peux que rendre grâce à Dieu. Et, surtout, c'est une interpellation pour ma part : je ne dois pas décevoir !
Justement, ma question était celle-là : est ce que les partis politiques ne sont pas importants ? Et comment ne pas décevoir la majorité des Béninois ?
Je dois vous dire une chose. On a voulu me prêter une intention. C'est ça que vous avez voulu traduire. Je vous comprends bien. C'est de venir détruire les partis politiques. Non, loin de là. J'ai écouté. Le peuple est arrivé à un stade. Vous l'avez dit dans votre exposé liminaire. Vous avez dit, notre démocratie aujourd'hui est admirée. Mais dans le même temps, nous avons faim, le peuple a faim ! Mon arrivée c'était dans le sens d'apporter ma contribution dans ce sens là en disant qu'il est possible d'intensifier le rythme de création de richesses mais à condition que nous changions de comportement. Et j'ai compris qu'en réalité, c'est ce que le peuple voulait. Nous en sommes certain. Donc, je suis respectueux de la constitution qui dit que la vie politique est animée par les partis politiques. Je les ai remerciés, parce qu'ils ont travaillé pour la stabilité de notre pays. S'il n'y avait pas cette stabilité, le Bénin n'existerait pas. On parlerait, peut-être..., je ne voulais pas donner l'exemple d'un autre pays. J'ai un respect total et profond pour ces partis politiques.
Peut-être, ce qui reste, je crois qu'ils sont entrain de le faire, que chacun d'eux puisse mesurer, peut-être, la distance qui le sépare du peuple, du point de vue des ambitions que nourrit aujourd'hui ce peuple et, partant de là, identifier les réformes. Et c'est là où, quelque part, je suggère cette conviction que, nous allons nous rencontrer. Et, dans tous les cas de figures, nous sommes tous des Béninois. La question de la gestion de la cité veut la cohésion nationale, et je tends la main à tout le monde pour que nous puissions y arriver.
La question de l'opposition, je suis mal placé. En tout cas, le cadre institutionnel existe. Il y a une loi sur l'opposition. Nous allons bientôt prendre le décret pour confirmer cela. Il y a derrière, un certain nombre de conditions. Mais, certes, le décret sera pris, il n'y a pas de démocratie sans une opposition constructive et responsable, et je souhaite cela. Si elle existe, au fur et à mesure qu'elle va mûrir, à mon avis, la gestion de la cité sera de plus en plus transparente. Et, je me félicite déjà de ceux qui apportent des critiques constructives et non ceux là, peut-être, qui sont là pour tout détruire parce que c'est lui qui est là et il faut l'empêcher.
Parlant de partis politiques, est-ce que vous vous reconnaissez à travers le Front Républicain d'Action Patriotique, le FRAP, qui, selon ses initiateurs, va « frapper très fort » lors des prochaines législatives ?
C'est quoi reconnaître ?
Est ce que c'est votre parti politique ?
Non. Moi, je n'ai pas de parti. Aujourd'hui, je n'ai pas de parti.
Mais Convergence Cauris, Force Cauris... ?
C'est des citoyens qui ont décidé de créer. Si je vous dis que j'ai eu l'information presque au même titre que vous !
Pourtant le FRAP, c'est votre épouse qui l'a créé et qui s'est retirée après ?
C'est quoi le FRAP ? Je crois, j'ai dit à mon épouse de se retirer, de s'éloigner définitivement et de s'adonner à des questions d'œuvres sociales. Je crois que ça c'est clair. On ne peut pas empêcher les patriotes qui ont compris le sens ou l'enjeu, la question fondamentale, l'idéal, la prospérité pour notre pays, qui décident de s'organiser sur la base de ce mot d'ordre de changement. Qu'est-ce que vous leur reprochez ? Dans ce cas alors, on me verra derrière tous les mouvements, plus de 200 mouvements qui disent : c'est le changement, ou peut-être la cinquantaine de partis politiques qui disent le changement ? Il y a des partis politiques qui travaillent sur cette base et je dis, une fois de plus, je les remercie. Je les remercie parce que je n'ai rien. Et avec les pratiques antérieures, je n'ai rien à leur donner en tant que tel. Et j'ai compris, en fait ils sont animés par un idéal et ils continuent, ils ne se découragent pas. Je profite de ce temps d'antenne pour les remercier. Dans tous les cas de figures, les législatives, elles, sont prochaines. Et c'est l'occasion pour moi de remercier l'institution parlementaire et les députés, et je le répète, j'ai du respect, une considération profonde pour chacun d'eux. Ils sont tous animés par le devenir de ce pays. C'est avec eux que nous allons préparer cette échéance. Maintenant, les partis politiques qui se préparent pour y aller et qui pensent que c'est le changement, ... si vous allez appeler ça la « majorité », je ne demande pas mieux... Je prie Dieu. Que Dieu puisse bénir tout le monde et puisse bénir toute cette Nation.
Donc en 2007, nous irons aux Législatives ?
C'est notre souhait. Et je lance un appel à toutes les institutions de la République, à la Société civile, à toutes les autres couches pour qu'ensemble nous puissions préparer cette échéance là, dans la paix. Nos députés ont posé ce problème, que nos élections sont extrêmement onéreuses. Ils ont parfaitement raison. Mais ensemble, je suis convaincu que nous allons organiser cette échéance à moindre coût. Ça veut dire qu'il faut revoir la loi.
Nous y allons avec la LEPI, le RAVEC ou la LEA ?
Là où nous en sommes, il faut être réaliste ! Je crois, le souci qui anime les députés, c'est de faire en sorte que nous parvenions à des élections véritablement transparentes et démocratiques. Je les en félicite. Je crois, ils ont raison. Que Dieu les aide. Que Dieu les garde. Mais, le problème aujourd'hui, c'est que nous avons été surpris par le calendrier constitutionnel qui veut que les législatives viennent en 2007. On est tous attachés à la constitution, je crois. Et ce que nous avons découvert, et vous le saviez bien, le peuple béninois est attaché à sa constitution, compte tenu de tout ce qui s'est passé. Et je profite pour encore saluer le professionnalisme de la Cour Constitutionnelle, la sérénité des députés de notre institution parlementaire, la sérénité de la société civile et de tout le monde. Donc, ce que nous avons proposé, c'est que la LEPI, aujourd'hui du point de vue du délai, est pratiquement impossible ; sans compter maintenant le coût que cela requiert. Alors, rapidement, on peut utiliser cette proposition de marque qui consiste à faire le RAVEC, comme on le dit le Recensement Administratif à Vocation d'Etat Civil. Ça donne le droit de citoyenneté à tous nos compatriotes qui n'ont pas encore un état civil : jugement ou acte de naissance, etc. Lorsque nous aurons fait tout ce travail, on créera une base de données. Et là, lorsque la CENA sera mise en place, elle saura utiliser ces données là : extirper la lise de nos concitoyens en âge de vote, c'est-à-dire 18 ans et au delà. Et lorsque nous allons finir de le faire, progressivement, nous allons arriver à la LEPI, en tout cas, avant les présidentielles de 2011.
Nous allons revenir au volet gouvernance et à la lutte contre la corruption précisément. Et j'ai juste une préoccupation. Vous l'avez dit, il faut que nos élections soient moins onéreuses. Et certains disent qu'il n'y a pas d'argent pour organiser les élections tel que ça se passait. Alors, ma préoccupation, c'est de savoir aujourd'hui quel a été votre héritage sur le plan financier quand vous êtes venu et est-ce que cela augure d'une organisation financière pour les législatives ? Est-ce que les Béninois peuvent être rassurés ?
Ecoutez, je ferai tout pour créer les conditions pour une concertation avec l'institution parlementaire parce qu'elle a sa partition à jouer dans cette affaire. Et chaque institution a son rôle. Je ne ferai pas le travail qui est dévolu à l'institution parlementaire ! C'est aussi la démocratie et c'est le respect de la Constitution. Pour ma part, un Gouvernement est créé pour respecter, pour se donner à ses missions constitutionnelles au rang desquelles figure l'organisation des élections. A ce niveau, nous n'avons pas d'argent pour organiser les élections comme elles ont été organisées dans le passé. Mais nous aurons de l'argent dans le cadre légal, plus allégé et plus responsable. Nous avons de moyens pour que nous puissions aller aux législatives de 2007 pour honorer notre Constitution ; et qu'après, maintenant, la Nation toute entière, appuyée par la communauté internationale puisse s'adonner à une évaluation. Voilà une relecture de notre constitution à laquelle nous tenons qui, pour chacun de nous, est certainement soit une bible, soit un coran. Je crois que c'est ça la démocratie. Et c'est ça la question du consensus qui est fondamentale et je crois. C'est la raison pour laquelle, je dis bien, je remercie les Députés qui ont vraiment pris acte de cela.
Parlant de corruption, de lutte contre la mauvaise gouvernance, il y a un certain nombre de dossiers aujourd'hui, d'affaires devant la justice. Si vous voulez bien vous prononcer sur ces affaires là ? Il y a le dossier de la LEPI, dans lequel l'ancien Ministre Alain ADIHOU a été traduit devant la Haute Cour de Justice ou du moins l'Assemblée Nationale a saisi la Haute Cour de Justice ; il y a l'affaire SONACOP avec Monsieur FAGBOHOUN qui est en prison actuellement... et, tout récemment, l'ancien Ministre des Finances, Monsieur SEHLIN. Les Béninois attendent que vous disiez un mot sur ces cas.
Dans le même temps, les Béninois savent que chaque institution a son rôle. Le dossier FAGBOHOUN / SONACOP est pendant à la justice. Je ne peux rien dire... Le dossier de l'ancien ministre des finances est également pendant à la justice, je ne peux rien dire. Le dossier de l'ancien ministre ADIHOU qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Quelle compréhension vous avez de la question ?
C'est la question qu'on vous pose !
Moi... ce que je voulais vous dire, j'ai pris connaissance de la presse pour mieux comprendre. J'ai pu comprendre, sauf erreur de ma part, il faut peut-être que je me rapproche de cette haute juridiction, la Haute Cour de Justice, j'ai cru comprendre que la présidente de cette Cour prestigieuse semble proposer aux députés, d'apporter encore un plus à la loi organique , de l'enrichir. Aujourd'hui, c'est les députés qui ont la possibilité de saisir la Haute Cour de Justice. Toujours dans le cadre du renforcement de la bonne gouvernance, si j'ai bien compris, je dis bien sauf erreur de ma part, qu'on donne la possibilité à ces citoyens par exemple... Alors, c'est ce que j'ai compris et le dossier lui-même, en réalité, est encore vivant ! Je ne veux pas vraiment empiéter sur les fonctions, le rôle des autres institutions. C'est ce que j'ai compris dans l'échange que le Parlement et la Haute Cour de Justice ont eu. Maintenant, je n'ai pas eu connaissance que ça remet en cause la mise en œuvre de la décision du Parlement. Ceci dit, je ne voudrais pas vraiment m'attarder là dessus et permettre à chaque institution de jouer sa partition parce que cela renforcerait notre démocratie à laquelle nous sommes attachés.
Monsieur le Président, vous avez ordonné des audits dans les différents départements et même au niveau de certaines entreprises. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Est-ce qu'il y aura des sanctions si des cas de mauvaise gestion étaient avérés ?
Les audits sont en cours comme je l'ai dit. Au niveau des administrations, c'est quasi terminé. Mais on a eu quelques difficultés en ce qui concerne l'audit des entreprises et offices c'est-à-dire la SBEE, l'OPT, la SONAPRA, BENIN TELECOM, etc, parce que ces audits avaient été déjà initialement retenus dans le dialogue que nous menons avec les institutions de Brettons Wood. Donc, en réalité, c'est avec la Banque Mondiale qu'on a décidé de les diligenter. Naturellement, la Banque Mondiale a sa méthode, ses procédures. En tout état de cause, on lui a rappelé la nécessité d'aller très vite. Donc aujourd'hui, en tout cas, les audits seront faits et vous le dites, s'il y aura des sanctions ? Naturellement, nous voulons l'audit pour tirer leçon du passé et mieux gérer l'avenir sur tous les plans : institutionnel, réforme structurelle, efficacité, bonne gouvernance etc. En tout état de cause, s'il y a des choses, il y a naturellement la question des sanctions disciplinaires qui sont des sanctions administratives, des sanctions pénales, des mises en demeure. Il y aura des cas extrêmement flagrants.
S'il y a des personnalités politiques influentes qui sont impliquées, vous allez pouvoir les sanctionner ?
Nul n'est au dessus de la loi.
Merci Monsieur le Président. Nous allons passer au volet décentralisation. Cela fait quand même déjà plus de trois ans que le Bénin s'est engagé dans ce processus de décentralisation. Aujourd'hui, la question fondamentale qui se pose aux communes c'est le transfert des compétences. Qu'est-ce qui va être fait en ce qui concerne votre Gouvernement ? Est-ce que le transfert sera opérationnel ou vous optez pour un accompagnement en attendant...?
La décentralisation fait partie des quatre axes dont j'ai parlé tout à l'heure et je crois, nous y croyons fermement pour des raisons évidentes que vous connaissez très bien. Aujourd'hui, pour aller vite, nous avons créé un comité interministériel qui est en train de prendre cette question : la question de transfert des missions, transfert des ressources, transfert des compétences, dans quelles conditions la gouvernance locale, l'audit de ces communes, etc. Tout sera discuté dans le sens d'une prise en compte des aspirations de ces communes pour préserver leur efficacité. Parce qu'il faut reconnaître aujourd'hui qu'il y a eu des missions qui ont été transférées sans moyens. Et quelle que soit la bonne volonté qui anime aujourd'hui les acteurs de ce secteur que je reconnais...,ces acteurs ne peuvent pas remplir convenablement leurs missions. Il faut le reconnaître, lorsqu'on a fait l'état des lieux, cet état des lieux n'est pas définitif. Entre temps, un sous comité est en train de travailler au Ministère du Développement, de l'Economie et des Finances pour mieux éclairer le comité interministériel et très bientôt, vous en aurez les décisions qui seront prises et qui découleraient des réflexions qui seront faites par le sous-comité ou le comité interministériel.
Parlant toujours de décentralisation, il y a la question de la désignation des chefs lieux de département qui est restée toujours une épine au pied de l'exécutif. Est ce que vous allez pouvoir prendre vos responsabilités maintenant, au risque de faire des mécontents ?
Ça c'est sûr. Je vous le garantis, c'est pour très bientôt. Vous vous attendez à quoi ? On pouvait faire une seconde lecture ? Je crois que c'est des réflexions qui ont été lancées il y a quelques années. C'était en quelle année...? Rappelez- moi ça.
Ce n'était pas sous votre régime en tout cas ; il y a trois ans de cela.
Trois ans, il y a eu pas mal de mutations qui ont affecté nos localités etc.? Dans tous les cas, une décision sera prise quels que soient leurs conséquences, leurs incidences, leur impact sur la classe politique ou sur les considérations électoralistes. Ce n'est pas ces considérations qui vont m'animer moi. C'est en termes d'efficacité. Et si l'efficacité veut qu'on fasse une seconde lecture pour, peut-être, proposer des réajustements, je crois qu'il ne faut pas exclure cela.
Nous attendions cette période, cette fête du 1er août. Je crois ça fait partie des exigences de la feuille de route. Et dans les stratégies, puisque nous avons terminé les 100 jours, nous sommes en train de rédiger maintenant notre stratégie d'édification des piliers sans lesquels on ne peut pas convaincre le peuple de cette notion de changement qui doit nous conduire à la prospérité.Très bientôt, on aura fini et toutes ces questions là seront réglées et portées à la connaissance des institutions. D'abord, ça c'est clair : en ce qui concerne le Parlement, on ira devant le Parlement et la Cour Constitutionnelle, le Conseil Economique et Social, la Haute Autorité... La Cour Suprême etc., la société civile et puis les populations.
Nous allons aborder le volet diplomatique de cette émission. Au nombre des reproches adressés généralement à la diplomatie béninoise, c'est son manque de dynamisme. Quel est le rôle que vous entendez attribuer à cette diplomatie aujourd'hui ? Est-ce une diplomatie de production ou de rayonnement ?
C'est une diplomatie à vocation économique... Mais pour réussir, il faut également plus de crédibilité et, à l'intérieur le rayonnement, l'image, un peu de tout... Donc, je crois on est en train de réfléchir sérieusement pour que l'argent de chaque contribuable qui va soutenir cette diplomatie puisse rapporter, puisse être un centre de profit. On doit aller dans cette direction là.
D'accord. Quelle lecture nous devons faire aujourd'hui des multiples voyages que vous aviez effectués tout récemment et puis les contacts que vous avez eus, dans quel cadre on les inscrit ?
Voyez, j'étais au dernier sommet des chefs d'Etats, un sommet sur le secteur privé. Et avec le Président OBASANJO, on échangeait et il me dit :
- Mon jeune frère, ça va ? Et je dis :
- Ce n'est pas si simple cette affaire là !
- Pourquoi ?
- On me dit que je voyage beaucoup et qu'on ne me voit pas. »
Il me dit :
- Mais moi, vous savez, les gens ont failli prendre une loi contre moi ici pour dire que je voyage trop. Mais aujourd'hui nous sommes arrivés à un point où les Nigérians disent : « Ah ! Mais dis donc, il avait raison .
Parce qu'il a su faire venir au pays, il a fait gagner les Nigérians des concours extérieurs de l'ordre de 80 milliards de dollars qui aujourd'hui sont venus renforcer le bien-être, la prospérité du Nigeria. C'est vrai, le Nigeria produit du pétrole mais il n'y a pas que le pétrole. Si aujourd'hui les réserves de change du Nigeria tournent autour de 40 à 45 milliards de dollars, c'est l'impact. Je sais que j'ai un mandat, je suis un serviteur que le peuple a choisi. Mon mandat, c'est le peuple. Je suis un mandataire et dans l'ordre de mission qui m'a été confié, c'est de tout faire pour créer les conditions pour que le peuple sente aller la prospérité. Donc, si je considère que aller voir un partenaire parce qu'il réussira à améliorer les conditions d'approvisionnement du pays dans tel bien, dans tel bien ou dans tel bien, parce qu'il peut aider à faire la promotion du pays, pour l'avenir des investissements massifs publics ou privés, pour créer des emplois, distribuer des revenus, donc éradiquer la pauvreté, je vous le dis, je suis prêt à recommencer quels que soient les commentaires qui seront faits. Ce qui compte, je fixe rendez-vous à chacun et je sais qu'à l'heur
Publié par djiwan à 13:13:27 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
Environ treize mille (13 000) logements sociaux et économiques sont prévus pour être réalisés
Au cours de la séance, le Conseil des Ministres a examiné et adopté une communication portant sur les mesures d'accompagnement à mettre en œuvre pour promouvoir dans notre pays les logements sociaux, les logements économiques et les logements de moyens et grand standing. Ces mesures restent dans le cadre de la vision du Gouvernement de faciliter l'accès du plus grand nombre au logement décent et à moindre coût, et par conséquent de contribuer à la réduction de la pauvreté.
Par les mesures prises en effet, le Gouvernement accordera à des promoteurs diverses facilités permettant de réaliser à moindre coût les différents types de logements retenus. Entre autres facilités, l'État s'engage à :
- Mettre à disposition des terrains ;
- Exonérer des taxes à l'importation des matériaux entrant dans le cadre de ce projet ;
- Viabiliser les différents sites appelés à accueillir ces logements ;
- Environ treize mille (13 000) logements sociaux et économiques sont prévus pour être réalisés dans les années à venir et mis à la disposition des couches défavorisées de la Nation.
A court et moyen terme, une cité de 400 logement de moyen et grand standing sera réalisée dans la zone de l'ex Champ de Tir et sera dénommée « Cotonou 2020 - Cité de l'Espoir ».
Conseil des ministre N° 15/SGG/Com/Extra
Fait à cotonou, le : 20/08/2006
Le Secrétaire Général du Gouvernement Epiphane NOBIME
Publié par djiwan à 10:40:42 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
Les nouvelles technologies de l'information et de la communication sont de nos jours incontournables dans toutes entreprises. La problématique que pose le développement rapide de l'informatique en matière de sécurité des données a été au cœur de la conférence de presse donnée par le président de la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés de la France(CNIL) M.Michel Gentot qui avait à ses côtes la ministre de la promotion des droits humains, Mme Monique Ilboudo et le Délégué général à l'informatique, M. Joachim Tankoano.
M.Gentot qui est en visite au Burkina Faso dans le cadre d'un partenariat entre le ministère de la promotion des droits humains et son institution a eu l'occasion de s'entretenir avec les autorités du pays dont le Premier ministre. L'objectif de cette conférence qui s'est tenue le 17 janvier dans la salle de conférences de PNUD était de montrer le bien fondé de trouver un statut juridique de la loi sur la protection des personnes physiques en matière de données à caractères personnels. Ce qui est important quand on sait que l'informatisation de l'administration, de la carte d'identité nationale burkinabé et des fichiers de la police et de la gendarmerie sont en perspective dans notre pays. Pour Michel Gentot le droit à la protection des données à caractères personnels est en rapport avec les droits humains, il faut donc selon lui assurer la protection des données jugées sensibles, top secrètes ou confidentielles car avec les nouvelles technologies il y a de plus en plus des atteintes à la liberté, à la vie privée et par là à certains principes reconnus par le Droit. Ainsi, pour prévenir les abus il faut mettre en place des règles afin de garantir aux citoyens ce droit. Il s'agit pour les autorités du Burkina Faso de mettre en pratique l'avant projet de loi relatif à la protection des personnes physiques en matière de traitement de l'information, qui résulte d'un équilibre dans la gestion des données et du respect des valeurs universelles .
I.GUENDA
SOURCE :
Publié par djiwan à 10:15:54 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
Le Bénin et le Nigeria ont procédé ce Vendredi 4 Août 2006 à la signature du traité portant délimitation de la frontière maritime et de l'accord portant création de la commission mixte paritaire de délimitation de frontière entre nos deux pays : c'est entre autre les raisons pour lesquelles le Président BONI YAYI a entrepris un voyage de quelque heures à ABUJA : Il était accompagné des ministres des affaires étrangères, des mines, du commerce et celui des transports. Le Ministre Togolais des mines de l'énergie et de l'eau aussi était de la délégation : le projet d'interconnexion CEB-NEPA a fait l'objet de discussions à Abuja ; le Chef de l'Etat est rentré juste après la signature des documents. Ce traité définit la frontière maritime partielle entre la République du Bénin et la République Fédérale du Nigeria :il permettra de renforcera coopération entre nos deux pays, dans la mesure où, une fois les limites de nos frontières connues, nous devons aller de l'avant dans l'intégration des économies de nos deux pays. Après la signature du document, le Président OLUSHEGOUN OBASSANDJO a dans son adresse saisi l'occasion pour apprécier la tradition relation qu'entretiennent nos deux pays qui, selon lui, sont liés par une histoire commune. La signature de ce traité est un acte majeur dans la vie des Nations Béninoises et Nigériane a affirmé le Chef de l'Etat. Le Président BONI YAYI a expliqué comment cet acte juridique permet à nos deux pays de rétablir ensemble leurs souverainetés respectives sur la zone économique exclusive, contiguë à leurs côtés jusqu'à la limite des 100 milles marins comme le décrit la convention des Nations Unies des droits sur la mer adoptée le 10 décembre 1982 à Montego Bay, en Jamaïque. Le Chef de l'Etat a dit que la réalité est que la souveraineté de chacun de nos deux Etats s'exercera désormais sans conteste, sur la zone économique exclusive qui est une zone située au-delà de la mer, territoriale et adjacente à celle-ci. Au terme de la convention, le Bénin et le Nigeria, deux Etats côtiers exerceront leurs souverainetés :
*sur les eaux territoriales aux fins d'exploration et d'exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, biologiques ou non biologiques.
*sur les eaux sur jacentes aux fonds marins, les fonds marins et leur sous sol ; et l'espace extra atmosphérique pour des activités tendant à l'exploitation et l'exploration de la zone scientifique
Pour le secrétaire permanant de la commission Nationale de la délimitation des frontières Jules Gontran Capo ChiChi , "ce traité sera soumis à ratification conformément à la procédure en vigueur dans chacun des deux Etats et dès son entrée en vigueur, le traité sera enregistré au Secrétariat Général des Nations Unies, conformément aux dispositions de l'article 102 de la charte des Nations Unies." Les Ministres Béninois et Nigérian des affaires étrangères ont à leur tour procédé à la signature d'un accord portant création de la commission mixte paritaire de délimitation de frontière entres nos deux pays commission qui est placée sous tutelle conjointe des ministres de deux pays responsables des problèmes de frontière.
Mais avant ces signatures, autours des deux Chefs d'États, les Ministre Béninois Jocelyn DEBGE et Togolais des mines de l'énergie et de l'eau Solété AGBEYOME ont fait le point sur l'exécution du projet d'interconnexion CEB NEPA et le projet gazoduc. Projet d'interconnexion permettra au Bénin et au Togo de s'approvisionner en électricité moins chère au Nigeria à l'instar du Niger et permettra aussi de diversifier les sources et les partenaires de la CEB. Jocelyn DEGBE, ministre Béninois des mines de l'énergie et de l'eau a dit que ce projet devrait être démarré en Avril 2007 ; mais après les discussions, le Président OLUSHEGUN OBASSADJO a promis tout faire afin qu'il démarre dans la première semaine du mois de janvier 2007. Par rapport au projet gazoduc également abordé au cours des échanges, Jocelyn DEGBE ministre des mines de l'énergie et de l'eau a dit que le Président Nigérian a promis son démarrage dans les tous prochains mois. Le Chef de l'État et sa délégation ont regagnés Cotonou en début d'après midi du vendredi.
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Au début de la séance, le Chef de l'Etat a fait observer une minute de silence à la mémoire de feus :
- Raouf LAWANI, ancien Directeur de la BCEAO à Cotonou, décédé le 02 août 2006 ;
- Delphine ALOWANOU, épouse du Chef d'escadron de Gendarmerie à la retraite, Monsieur Gabriel ADJANOHOUN, mère de Madame Célestine ADJANOHOUN, Directrice Générale de la Société Béninoise d'Energie Electrique, décédée le 04 juillet 2006 ;
- veuve Rosalie LOUIS-PIERRE, belle-mère de Monsieur Jacques T. EDJROKINTO, Directeur du Centre d'Education à Distance, décédée le 12 juin 2006.
Au cours de la séance, le Conseil des Ministres a adopté plusieurs projets de décrets, dont celui portant :
- attributions, organisation et fonctionnement du Ministère du Travail et de la Fonction Publique.
- création, composition, attributions et fonctionnement du Comité Paritaire Secteur Privé - Secteur Public.
Le Conseil des Ministres a également examiné et approuvé plusieurs dossiers, notamment :
- une communication du Ministre du Développement, de l'Economie et des Finances relative au point de l'utilisation des Fonds de contrepartie du don japonais KR1 des années fiscales 1996 à 2000 et 2001 à 2003 ;
- deux communications du Ministre de la Santé relatives la première, à la prise en charge financière des patients insuffisants rénaux évacués sanitaires dans l'Unité de Dialyse du CNHU-KHM de Cotonou et la seconde, au compte rendu de la rencontre des professionnels de la santé et dirigeants du monde sur le renforcement de la prévention dans la lutte contre le SIDA, qui s'est tenue à Stockolm, le 08 et 09 mai 2006 ;
- un compte rendu du Ministre de l'Industrie et du Commerce relatif à la réunion de concertation des Ministres du Commerce et de l'Agriculture des pays co-auteurs de l'initiative sectorielle en faveur du coton et au séminaire de la Banque Mondiale sur le coton, qui ont eu lieu à Ouagadougou, du 18 au 20 juin 2006 ;
- un compte rendu du Ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature relatif à la 11ème session de la Conférence Ministérielle Africaine sur l'Environnement, tenue à Brazzaville, du 22 au 26 mai 2006 ;
- un compte rendu du Ministre de la Défense Nationale au sujet de la réunion du comité permanent de la Convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnel, tenue à Genève, du 08 au 12 mai 2006 ;
- un compte rendu du Ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche relatif au Sommet africain sur les engrais, qui a eu lieu à Abuja, du 09 au 13 juin 2006 ;
- un compte rendu du Ministre des Affaires Etrangères au sujet de la 8ème session ordinaire de la Conférence des Leaders et Chefs d'Etat des pays membres de la CEN-SAD, tenue les 1er et 02 juin 2006 à Tripoli ;
Le Conseil des ministres a en outre autorisé au cours de cette réunion :
- la participation d'une délégation de notre pays au XIVème Sommet du Mouvement des Pays Non Alignés, qui se tiendra à La Havane, les 15 et 16 septembre 2006 ;
- la participation d'une délégation du Bénin au Salon Top Resa de Deauville, en France, qui se tiendra du 19 au 26 septembre 2006 ;
- la participation d'une délégation de notre pays à la réunion de coordination du thème stratégique TS4 de l'Association Mondiale de la Route, qui se tiendra à Québec, au Canada, du 09 au 13 août 2006 ;
- la participation d'une délégation du Bénin au 2ème forum de la Jeunesse CEDEAO et de la 6ème réunion des Directeurs Nationaux de la Jeunesse de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, qui auront lieu à Banjul, du 07 au 12 août 2006 ;
- la participation d'une délégation du Bénin aux 9èmes Journées annuelles de la «Société Ouest Africaine de Chimie», qui auront lieu à Dakar, du 08 au 13 août 2006 ;
- la participation d'une délégation de notre pays à la réunion des Ministres ACP de la Culture, prévue à Santo-Domingo, du 11 au 13 octobre 2006 ;
- la participation d'une délégation du Bénin au 72ème Congrès Mondial de l'Information et des bibliothèques de la Fédération Internationale des Bibliothécaires et Bibliothèques et à la 33ème Conférence des Directeurs des bibliothèques nationales, prévus à Séoul, du 19 au 25 août 2006.
Le Conseil des ministres a, en outre autorisé :
- l'Organisation à Dassa-Zoumé, du 18 au 20 août 2006, du pèlerinage marial, édition 2006 ;
- l'organisation à Cotonou, du 24 juillet au 11 août 2006, d'une session du Tribunal pour enfants statuant en matière criminelle.
A cet égard, des instructions ont été données au Ministre de la Justice, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-Parole du Gouvernement, afin d'organiser, dans les brefs délais, des sessions similaires au niveau des Cours d'Appel de Parakou et d'Abomey.
Enfin, les nominations suivantes ont été prononcées :
au Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire.
Sur proposition du Ministre :
- Directeur Adjoint de l'Inspection Pédagogique, Inspecteur Général Chargé de l'Enseignement
Primaire : Monsieur Fagbémi BONI
- Directeur Adjoint de l'Inspection Pédagogique, Inspecteur Général Chargé de l'Enseignement Secondaire : Monsieur Bruno OUSSOU-GOUNNOU.
au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Formation Professionnelle
Sur proposition du Ministre :
A l'Université de Parakou
- Recteur : Professeur Simon Ayélèroun AKPONA
- ViceRecteur, chargé de la Coopération interuniversitaire et des Relations extérieures : Professeur Agrégé Barthélémy BIAO
- ViceRecteur, chargé des Affaires Académiques et de l'Insertion Professionnelle : Professeur Agrégé Prosper GANDAHO
- ViceRecteur , chargé de la Recherche Universitaire : Professeur Docteur Ir. Nestor SOKPON
A l'Université d'Abomey Calavi
- Recteur : Professeur Norbert Cossi AWANOU
- ViceRecteur, chargé de la Coopération interuniversitaire et des Relations extérieures : Professeur Koko Codjo Dominique SOHOUNHLOUE
- ViceRecteur, chargé des Affaires Académiques et de l'Insertion Professionnelle : Professeur Antoine VIANOU
ViceRecteur, chargé de la Recherche Universitaire : Professeur Brice SINSIN
Fait à cotonou, le : 04/08/2006
Le Secrétaire Général du Gouvernement Epiphane NOBIME
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