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MONDOUKPE

Actualités et ressources de la République du Bénin

Les APE hantent les relations entre l’Union européenne et l’Afrique. | 13 décembre 2007

Le deuxième sommet sur la stratégie commune de développement entre l'Union européenne et l'Afrique a pris fin le dimanche 9 décembre 2007 à Lisbonne au Portugal. Au terme des travaux, les chefs d'Etat et de gouvernement ont pris la résolution de « doter ce nouveau partenariat des moyens et instruments nécessaires » qui lui permettront d'atteindre ses objectifs. A cet effet, « un mécanisme de suivi global et efficace » a été créé, précise la déclaration rendue publique au terme du sommet.

Mais au-delà de la satisfaction tirée par les uns et les autres sur les grands sujets traités, la question de la signature des accords de partenariat économique était à la une de tous les débats. En témoigne les échanges entre les présidents des Commissions des unions européenne et africaine.

«Nous sommes intimement convaincus que notre offre au niveau des APE est une offre valable, une offre pour le développement. Nous ne faisons pas pression pour que les APE soient signés, nous voulons des accords intérimaires pour éviter les ruptures de flux commerciaux à partir de janvier 2008. Nous sommes près à poursuivre le débat avec nos partenaires africains, à discuter les APE dans un contexte d'intégration régionale. Actuellement, ce que nous paraphons ne sont pas les APE, mais des accords intérimaires que nous finalisons». Se sont là les propos de José Manuel Barosso, président de la Commission de l'Union européenne (U.E) aux journalistes. En réponse, son homologue Alpha Omar Konaré, de la Commission de l'Union Africaine, se dit méfiant et prudent ...: «Je voudrais m'en tenir à la volonté de l'Union européenne de poursuivre les discussions avec l'Afrique... Mon vœu le plus ardent est que la signature des accords intérimaires ne verrouille pas le reste et ne lie pas l'Afrique indéfiniment... » a fait savoir le président Konaré.

Alors que le président sénégalais Abdoulaye Wade à l'instar d'autres chefs d'Etat rejette la signature des APE pour le 31 décembre 2007, l'Union européenne par la voix du président de sa Commission indique que la signature d'accords intérimaires est indispensable «pour éviter les ruptures de flux commerciaux à partir de janvier 2008 ».

La signature de cet accord dit d' «étape » signé entre la Côte d'ivoire et l'UE risque de porter atteinte à l'intégration régionale souligne un communiqué d'Oxfam international, une Ong qui mène une campagne contre la signature des APE dans les conditions actuelles. Mais ces alertes n'émeuvent guère l'Union européenne. « Nous sommes près à poursuivre le débat avec nos partenaires africains, à discuter les APE dans un contexte d'intégration » explique le président José Manuel Barosso.

Contrairement au consensus obtenu sur l'ensemble des sujets relatifs à la sécurité et la paix, au changement climatique, à la migration, aux droits de l'homme, à la gouvernance abordés au cours du sommet...les accords de partenariat économique ont donné du fil à retordre aux dirigeants européens et africains, les plongeants même dans des déclarations contradictoires.

Hippolyte Djiwan,
Envoyé spécial à Lisbonne

Publié par djiwan à 13:45:25 dans - Actualité | Commentaires (0) |

La Chronique judiciaire comme genre journalistique | 25 novembre 2007

"Le guide du chroniqueur judiciare". C'est le titre d'un document de 210 page que vient d'éditer l'Observatoire de la déontologie et de l'éhique dans les médias (ODEM) au Bénin. Ce guide a été édité grâce au soutien financier du "Programme Gouvernance et Droits de la Personne de la DANIDA". Après un premier séminaire organisé à Porto-Novo, capitale de la république du Bénin, à l'endroit des journalistes en fonction dans les rédactions du Sud, l'ODEM vient d'organiser un second séminaire à Parakou, (478 km au nord de Cotonou) au profit des journalistes exerçant dans la partie septentrionale du Bénin. A cette occasion, Georges Amlon, Expert en communication, membre de l'équipe des consultants ayant rédigé le guide a présenté la communication suivante : " Qu'est-ce que la chronique judiciaire ?"

Qu'est-ce que la chronique judiciaire ?

La chronique, au sens journalistique du terme, se définit comme un « article spécialisé qui rapporte les informations les plus récentes sur un sujet particulier ». On parle ainsi de chroniques politique, sportive, financière.
Deux caractéristiques sont donc à relever : Il s'agit d'un article d'un type particulier, et le professionnel des médias qui en a la charge (le chroniqueur) doit exercer dans un domaine de spécialité.
La chronique judiciaire est un article spécialisé sur des informations du domaine judiciaire. Il existe deux sens du mot « judiciaire ».

Le premier
: « Relatif à la justice, à son administration. Exemple : Organisation judiciaire ».

Le second
: « Fait en justice, par autorité de justice. Exemple : Enquête judiciaire ».

La chronique judiciaire est, par conséquent, un article ou un papier spécialisé dans les questions ayant trait à la justice, un article ou un papier qui apporte des informations sur les affaires en jugement devant un tribunal ou une Cour.
Dans la pratique, le journaliste affecté à la confection de la chronique judiciaire, couvre les procès en cours devant une juridiction et en rend compte. Cela quel que soit le média dans lequel il exerce, qu'il soit de la presse écrite, de la radio, de la télévision ou par Internet, et chaque lui accorde un traitement en rapport avec ses propres spécificités.
Le rôle du chroniqueur judiciaire consistera donc à se rendre dans les salles d'audience où sont jugées des affaires qui intéressent le public, et à raconter à ses lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs, ce qu'il y a vu et entendu.
Il reviendra donc au professionnel chargé de cette lourde mission d'être à la hauteur des attentes. Ce qui ne va pas sans un certain nombre d'atouts et de dispositions indispensables pour assumer cette responsabilité

Les principaux genres journalistiques et leurs caractéristiques

Nous regroupons ici les genres journalistiques en quatre grandes catégories, en tenant compte des caractéristiques de chacune d'entre eux :
L'interview : Elle consiste à interroger une personne, pour obtenir un témoignage, une information, une opinion ou un point de vue. Le journaliste est acteur et dirige l'interview.

L'enquête
:

Elle consiste à rechercher une ou des informations dans le but d'apporter un éclairage ou de révéler une réalité cachée. Le journaliste est acteur, oriente et conduit son enquête, puis qui formule des conclusions.
Le compte rendu et le reportage : Ces deux genres consistent (avec quelques nuances) à rapporter ce que le journaliste a vu ou vécu. Le journaliste est un témoin qui écoute, observe et questionne pour mieux restituer.
L'éditorial, l'analyse et le commentaire : Ces genres consistent (chacun avec sa nuance) à émettre des points de vue. Le journaliste est une voix qui émet une opinion, ou prend position sur un sujet donné.

Les caractéristiques de la chronique judiciaire


Comme son nom l'indique, la chronique est avant tout un récit. En cela elle emprunte au reportage, et le journaliste est d'abord un témoin qui écoute, observe, questionne au besoin (mais hors audience) et restitue.
La chronique ou le chroniqueur ne sont, en aucune manière partie prenante, et les vrais acteurs du procès jouent, sous ses yeux, leur partition. Le journaliste n'est donc qu'un spectateur, qui doit même s'abstenir d'orienter l'opinion ainsi que pourrait le faire un éditorialiste.
La chronique n'exclut pas pour autant le commentaire ou l'analyse. Le chroniqueur dont on requiert la sensibilité pour faire « vivre » son récit ne peut faire abstraction de ses impressions. De même, il peut analyser les arguments des plaideurs. Mais il ne saurait, par ses propos chercher à influer sur le cours du procès, ou à dresser l'opinion contre l'un quelconque des acteurs du procès.
Simple « conteur » des audiences, le chroniqueur n'enquête pas. Comment le pourrait-il d'ailleurs, contraint qu'il est d'assurer une présence dans le prétoire ? Mais il peut arriver, comme dans la récente affaire d'Outreau en France, que le chroniqueur ait des doutes et se transforme en enquêteur. Ceci après le procès...

Les qualités du chroniqueur judiciaire ?

La première qualité du journaliste qui se veut chroniqueur judiciaire semble bien en effet, être l'expérience. Les scènes qui se jouent dans le prétoire engagent bien souvent la vie d'êtres humains, et il faut de la pondération pour en rendre compte, en allant au-delà de toutes les formes d'influences.
Une bonne formation en tant que professionnel des médias est également largement souhaitable, ici peut-être plus qu'ailleurs, la collecte et le traitement de l'information sont d'une importance capitale. Le compte-rendu du journaliste constitue un enjeu pour chacun des acteurs du procès à quelque niveau qu'il se situe.
En dehors de sa formation de journaliste, le chroniqueur judiciaire se doit d'avoir ou d'acquérir de solides connaissances du droit et des articulations du système judiciaire. La compréhension des termes juridiques qui peuvent paraître un jargon pour le néophyte, tout comme celle des règles juridiques ou des différentes étapes de la procédure, sont indispensables pour rendre convenablement compte d'un procès.

Également indispensables, certaines qualités qui aideront le chroniqueur judiciaire à suivre efficacement un procès : l'écoute, l'observation et l'endurance.

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« Le chroniqueur judiciaire n'a pas pour rôle d'enquêter, de rechercher des informations inédites, de recueillir des commentaires ou des confidences. Il n'y a rien à vérifier, rien à recouper ». Pascale Robert-Diard, chroniqueur judiciaire au journal Le Monde
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« Notre rôle est simplement d'écouter, de regarder et de prendre des notes, pour pouvoir rendre compte le mieux possible de ce qui s'est passé à l'audience. C'est comme une scène de théâtre. Il faut la reproduire dans son ensemble. Tout est important : les mots, mais aussi les silences, les hésitations, les regards, les expressions » Pascale Robert-Diard

Publié par djiwan à 20:48:49 dans - Actualité | Commentaires (2) |

Conseil des ministres délocalisé : l’art de faire le numéro | 25 septembre 2007

C'en est fait. Boni Yayi et ses ministres ont repris service. Pour cette rentée gouvernementale, après des vacances imaginaires, c'est Porto- Novo qui a abrité le premier conseil des ministres délocalisé dans un bâtiment colonial, symbole du mimétisme et de la condamnation à vie de la pensée nègre. Cette délocalisation d'une journée du conseil des ministres n'apporte rien au pays. Délocaliser le conseil des ministres à Porto-Novo pour faire rêver les populations de la capitale ne change rien, sauf qu'il a l'avantage de flatter l'ego de ses habitants, eux qui se rassasient souvent de paroles et de gestes d'éclat. S'enfermer dans un bâtiment colonial à Porto-Novo, pour discuter (est-ce que les ministres ont droit réellement à la parole ?) ne change rien au fait que les ministres restent loin des réalités des Béninois. Boni Yayi nous prouve qu'il est un homme de communication assez exceptionnel. Comme d'habitude, il fait son show médiatique ; tout dans l'apparence et rien d'autre. J'émets des réserves sur sa gouvernance, mais je ne peux qu'admirer sa méthode de communication. Ne faire que de la communication et dans l'apparence, cela peut marcher quelques temps, mais pas tout le temps. Cela dit, il faudrait bien élever le débat, pour dessiner des perspectives ; lesquelles sont en la nature du conseil des ministres sous le changement. Un conseil sans périodicité définie. Les ministres sont à la recherche de la démocratie. Mais ils ne doivent pas s'en plaindre pour peu qu'ils méditent Jean-Pierre Chevènement : " un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ". Sous le Président Kérékou et Nicéphore Soglo, le conseil des ministres se découpait en 3 parties, dont chacune porte le nom d'une lettre de l'alphabet. La première partie de la réunion, appelée "partie A", concernait les projets de loi et les décrets qui doivent être signés. La "partie B" est consacrée aux nominations (chefs d'entreprises publiques, de la haute administration, etc.). Cette partie n'existe plus depuis l'arrivée de Boni Yayi à la Marina. Les ministres constatent avec aigreur le ralentissement du fonctionnement de leur administration. Enfin, la "partie C" correspond aux communications des ministres prévues à l'ordre du jour et qui varient selon l'actualité du moment et les projets de loi en cours. Ce fonctionnement rigide et immuable n'empêchait pas la libre expression. Le président de la République, Boni Yayi devrait moderniser ses conseils des ministres en leur retirant leur caractère figé, formel, afin d'en faire un lieu d'échanges entre ministres. Les ministres ont même peur d'aller en conseil, selon une confidence. Aux parties A, B et C, Boni Yayi devrait ajouter une quatrième partie, la "partie D" comme Débat, au cours de laquelle les ministres échangent leur point de vue en fonction du thème de la semaine. L'objectif serait de permettre à tout membre du gouvernement de s'exprimer sur des sujets qui ne sont pas forcément de son domaine de compétence, afin de rendre ce conseil plus dynamique, moins formel et plus utile. La liberté de ton des interventions des ministres au cours de "cette partie D", devrait faire jaillir la lumière si nécessaire, afin d'éviter les décisions ridicules souvent prises et qui font entrevoir par la suite une reculade. Avouons-le.

Herbert Houngnibo

La Presse du jour , Ed du 20 septembre 2007

Publié par djiwan à 09:39:58 dans - Actualité | Commentaires (0) |

EN ATTENDANT LA SIGNATURE LES APE APRES 2007 : Continuation temporaire des préférences de Cotonou | 23 septembre 2007

A quatre mois de la signature des  APE, les Organisations de la société civile focalisent leur attention sur le report de l'échéance du 31 décembre 2007. Dans ce  débat peu d'attention est accordé aux  différentes alternatives qui peuvent exister en cas de non-ratification des Ape. 

Au Bénin, la Plate-forme des acteurs de la société civile (Pascib) continue de « tirer la sonnette d'alarme pour attirer l'attention  des décideurs sur la nécessité de faire de l'approfondissement du processus d'intégration régionale un préalable à la signature de l'APE ».  Par conséquent, la demande pour le report de la signature des APE s'accentue et se généralise aux gouvernants. « Les APE constituent une question urgente de nos Etats. Si nous allons à cette ouverture sans suffisamment de préparation, ce sera nuisible à nombre de nos secteurs économiques et sociaux». affirme le premier ministre burkinabè Tertius Zongo.  Les ministres des affaires étrangères de l'Union africaine  restent quant à eux dans la même logique.

En effet, en juin dernier à Accra, à l'issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères, en prélude au sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine, il a été jugé « peu probable de régler toutes les questions en instance et qu'il est impossible d'achever le processus de ratification des Ape d'ici la fin de 2007 ». Tous les avis convergent donc vers un report. Mais ce sur quoi très peu de gens sont informés, c'est ce qui adviendra si l'Union européenne acceptait de reporter la signature des APE.

Selon un haut fonctionnaire du ministère des affaires étrangères du Bénin « Si les APE ne rentrent pas en vigueur le 1er janvier 2008, il y aura un vide juridique dans les relations entre les pays ACP et l'Union Européenne». Ce qui n'est pas forcement l'avis d'Eric Hazard pour qui « l'absence d'un Ape entre les deux parties ne signifie pas nécessairement l'absence d'accord».

Dans ces conditions, que va-t-il se passer concrètement en l'absence de l'APE ?
 « Ce que nous savons, c'est que l'entrée en vigueur des APE à compter du 1er janvier 2008 va affaiblir nos économies et soumettre les productions locales à une concurrence libérale. Les médias en parlent abondamment et  des Ong organisent  des ateliers pour  en parler. Mais personne ne nous dit  ce qui va se passer si les accords ne sont pas signés. Est-ce que cela signifie que les affaires vont s'améliorer, que nous allons exporter plus notre ananas sans trop de problème  ou encore que les produits importés comme le sucre, le lait ou le riz vont coûter moins chers et que le gouvernement va augmenter le salaire des travailleurs?» s'interroge Noukpo Mathias, assistant d'un producteur d'ananas dans la région de Sékou à une quarantaine de kilomètres de Cotonou.

Il existe plusieurs scénarios avec des options différentes pour gérer cette phase des relations de partenariat entre les deux parties souligne Eric Hazard. Pour lui, « la continuation temporaire des préférences de Cotonou après 2007 reste l'option la plus pratique, puisqu'elle permettrait la continuation de la négociation d'un Ape le temps nécessaire sans affecter le régime actuel de préférences et donc les flux commerciaux. De plus, aux vues des procédures de l'Omc, il n'y a pas de risque d'éventuelles sanctions commerciales avec l'Omc si un Ape est effectivement conclu dans un délai raisonnable. »

En réalité, très peu de  personnes  physiques ou morales se penchent sur ce qui va se passer si l'APE n'entre pas en vigueur le 1er janvier 2008. Mais si la question est très peu abordée par les institutions  en Afrique de l'ouest, la Commission européenne soutient quant à elle que si « les six régions en négociation ne signent pas les APE d'ici fin décembre 2007, elle ne poursuivra pas l'octroi des préférences au titre des accords de Cotonou. » explique Eric Hazard, d'Enda Tiers Monde qui estime  que cette «  option serait coûteuse en termes d'impact sur les flux commerciaux dû à la perte de préférences, et est donc politiquement peu crédible ».

Hippolyte DJIWAN

Encadré : Les alternatives aux APE 

D'abords l'option du Système Général de Préférences (SGP) aurait pour conséquence directe de limiter l'accès des pays de l'Afrique de l'Ouest au marché européen dans le cadre des conditions préférentielles. Concrètement, cela signifie que les produits des pays non Pma d'Afrique occidentale exportés sur le marché européen feraient l'objet de droits tarifaires additionnels fortement pénalisant pour au moins trois pays, que sont la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria. Les 13 Pma de la région pourraient se trouver aussi pénaliser en raison des règles d'origine plus restrictives dans le cadre du Système Général de Préférences "Tout-sauf-les-armes que pour l'Accord de Cotonou.

Afin de limiter la perte de préférences pour les pays non Pma, l'Ue pourrait offrir un système de préférences Sgp+, qui assurerait à tous les pays Acp non Pma un niveau élevé d'accès aux marchés pour leurs exportations, au-delà de l'expiration des préférences de Cotonou. Le Spg+ est actuellement limité aux pays en développement non Pma qui satisfont des critères précis de développement et de gouvernance (notamment en matière de développement durable). Ces critères devront être revus afin de permettre aux pays Acp de bénéficier du Spg+ d'ici 2008.

Une telle réforme peut être peu justifiée si la période nécessaire au-delà de 2007 pour conclure un Ape reste relativement courte. Mais quelle que soit la complexité politique et administrative de sa mise en œuvre, d'ici à la fin 2007, ce scénario demeure possible. Il requiert d'abord une volonté politique suffisante de la part de l'Ue pour permettre aux pays de la Cedeao et Acp en général d'en bénéficier.

Ensuite, il y a l'option de  la continuation du régime de Cotonou. Dans ce cadre, les deux parties conviendraient de prolonger le régime transitoire de préférence de l'Accord de Cotonou afin de permettre d'achever les négociations dans un délai raisonnable. Cette perspective permettrait de gagner un temps précieux, mais elle nécessite une extension au-delà de 2007 de la dérogation relative au régime commercial préférentiel de Cotonou obtenue à l'Omc en novembre 2001, ce qui est peu probable. Faute de quoi, un tel scénario pourrait déboucher sur des conflits juridiques à l'Omc (organe de règlement des différends) avec d'autres pays membres de l'organisation. Ces conflits sont potentiellement coûteux en terme politique, de stratégie commerciale, et de crédibilité.

L'Ue s'étant engagée à respecter ses obligations à l'Omc (ainsi que les pays Acp d'ailleurs), elle ne désire pas s'engager sur une telle voie. La continuation temporaire des préférences de Cotonou après 2007 reste toutefois l'option la plus pratique, puisqu'elle permettrait la continuation de la négociation d'un Ape le temps nécessaire sans affecter le régime actuel de préférences et donc les flux commerciaux. De plus, aux vues des procédures de l'Omc, il n'y a pas de risque d'éventuelles sanctions commerciales avec l'Omc si un Ape est effectivement conclu dans un délai raisonnable.

Extrait des travaux d'Eric Hazard
Enda Tiers-Monde

Publié par djiwan à 23:04:35 dans - Actualité | Commentaires (0) |

Convergence et presse : Un nouveau défi pour les médias | 13 septembre 2007

«D'ici 2010, l'Afrique comptera environ 400 millions de téléphones mobiles dont 70% auront un accès à un contenu en ligne». Ce sont là des chiffres avancés par Arrie Rossouw, Directeur éditorial du journal en ligne "24.com".  Autrement dit, la navigation Internet via les téléphones mobiles, déjà en cours dans certains pays africains comme l'Afrique du Sud, va prendre de l'ampleur et se généraliser sur le continent.
L'ère du numérique a ainsi donné naissance à des formes nouvelles de publications. Textes, sons, images convergent vers une même plateforme. Le phénomène de la convergence révolutionne les médias, contraints de s'adapter aux nouvelles mutations au risque de disparaître.
Les expériences partagées le mardi 11 septembre 2007 lors d'un panel organisé à la 11è conférence annuelle de Highway Africa à Grahamstown en Afrique du Sud, montrent que la production de divers contenus sur une même plateforme est irréversible. Mais la convergence des médias à un coût pas abordable pour tous. De même, elle pose le problème de la qualité de la production. Les journalistes appelés à travailler dans cette dynamique doivent se former et se  spécialiser dans ce nouveau secteur des médias.
Mais au-delà des opportunités qu'elle peut offrir, « la convergence n'est-elle pas  une menace  pour  la presse écrite ?» s'est interrogé un participant. Matthew Buckland de «The Mail & Guardian», un journal en ligne  sud africain, animateur lui aussi du panel, avec  Elvira Van Nort des Pays Bas et Arthur Goldstuck de Worldwideworx, objecte. Dans leur vision, les publications en ligne  ne doivent  pas être la reprise des informations publiées dans le journal papier.  C'est d'ailleurs ce qui fait le succès de certains blogs qui  donnent des informations que les internautes ne retrouvent pas souvent dans les journaux.
Il reste cependant des impératifs à régler autour de ce nouvel espace médiatique. Ils sont relatifs au crédit que le consommateur de la convergence doit accorder aux blogs, mais aussi à l'environnement juridique à la régulation. Le débat tourne aussi à l'impact de cette convergence dans la lutte contre l'analphabétisme.

Par Hippolyte Djiwan

Publié par djiwan à 12:23:15 dans - Actualité | Commentaires (0) |

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