• Les APE hantent les relations entre l’Union européenne et l’Afrique.

    Le deuxième sommet sur la stratégie commune de développement entre l'Union européenne et l'Afrique a pris fin le dimanche 9 décembre 2007 à Lisbonne au Portugal. Au terme des travaux, les chefs d'Etat et de gouvernement ont pris la résolution de « doter ce nouveau partenariat des moyens et instruments nécessaires » qui lui permettront d'atteindre ses objectifs. A cet effet, « un mécanisme de suivi global et efficace » a été créé, précise la déclaration rendue publique au terme du sommet.

    Mais au-delà de la satisfaction tirée par les uns et les autres sur les grands sujets traités, la question de la signature des accords de partenariat économique était à la une de tous les débats. En témoigne les échanges entre les présidents des Commissions des unions européenne et africaine.

    «Nous sommes intimement convaincus que notre offre au niveau des APE est une offre valable, une offre pour le développement. Nous ne faisons pas pression pour que les APE soient signés, nous voulons des accords intérimaires pour éviter les ruptures de flux commerciaux à partir de janvier 2008. Nous sommes près à poursuivre le débat avec nos partenaires africains, à discuter les APE dans un contexte d'intégration régionale. Actuellement, ce que nous paraphons ne sont pas les APE, mais des accords intérimaires que nous finalisons». Se sont là les propos de José Manuel Barosso, président de la Commission de l'Union européenne (U.E) aux journalistes. En réponse, son homologue Alpha Omar Konaré, de la Commission de l'Union Africaine, se dit méfiant et prudent ...: «Je voudrais m'en tenir à la volonté de l'Union européenne de poursuivre les discussions avec l'Afrique... Mon vœu le plus ardent est que la signature des accords intérimaires ne verrouille pas le reste et ne lie pas l'Afrique indéfiniment... » a fait savoir le président Konaré.

    Alors que le président sénégalais Abdoulaye Wade à l'instar d'autres chefs d'Etat rejette la signature des APE pour le 31 décembre 2007, l'Union européenne par la voix du président de sa Commission indique que la signature d'accords intérimaires est indispensable «pour éviter les ruptures de flux commerciaux à partir de janvier 2008 ».

    La signature de cet accord dit d' «étape » signé entre la Côte d'ivoire et l'UE risque de porter atteinte à l'intégration régionale souligne un communiqué d'Oxfam international, une Ong qui mène une campagne contre la signature des APE dans les conditions actuelles. Mais ces alertes n'émeuvent guère l'Union européenne. « Nous sommes près à poursuivre le débat avec nos partenaires africains, à discuter les APE dans un contexte d'intégration » explique le président José Manuel Barosso.

    Contrairement au consensus obtenu sur l'ensemble des sujets relatifs à la sécurité et la paix, au changement climatique, à la migration, aux droits de l'homme, à la gouvernance abordés au cours du sommet...les accords de partenariat économique ont donné du fil à retordre aux dirigeants européens et africains, les plongeants même dans des déclarations contradictoires.

    Hippolyte Djiwan,
    Envoyé spécial à Lisbonne

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :