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<< Conseil des Ministres N° 32/PR/SGG/Com du 27 septembre 2006 | EN marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale : Adresse liminaire de Pascal I. KOUPAKI | Conseil des ministres numéro: 33/PR/SGG/Com/2006 : Le Président bientôt en Belgique et en Allemagne >>
Messieurs les Administrateurs,
Monsieur le Directeur du Département Afrique du FMI,
Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Honorables invités, Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d'avoir répondu à mon invitation, en acceptant de consacrer ce programme spécial à mon pays, le Bénin. Avec une population d'environ 7,5 millions d'habitants, le Bénin s'étend environ sur une superficie de 116.000 km2 sur la côte ouest africaine. Il constitue la porte d'entrée privilégiée sur deux ensembles d'intégration sous régionale que sont :
- d'une part l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), avec son marché de plus de 75 millions de consommateurs ;
et d'autre part la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avec son marché d'environ 300 millions de consommateurs comprenant le Nigeria.
Mon pays suscite sans doute beaucoup d'intérêt, depuis l'élection présidentielle de mars 2006. Celle-ci a consacré la dynamique du changement prônée par le Dr. Boni Yayi et portée par une volonté populaire irrésistible qui l'a plébiscité. L'alternance politique ainsi réalisée dans mon pays, confirme la stabilité du processus démocratique amorcé depuis l'historique conférence nationale des forces vives de février 1990.
Mesdames et Messieurs, je suis heureux et honoré de pouvoir vous faire connaître, dans ce nouveau contexte politique qui prévaut au Bénin depuis lors, la vision stratégique qui sous-tend la double ambition du Président de la République et de son Gouvernement.
Mesdames et Messieurs, les performances économiques récentes du Bénin ont été, il est vrai, modestes. En effet, après avoir enregistré une croissance moyenne de 4% sur la période 1991-1996, puis de 5% entre 1996 et 2001, l'activité économique a atteint 6,1% (2001), avant d'amorcer une tendance à la baisse à partir de 2002. Elle a chuté à moins de 3% en 2005. Cette contre-performance économique s'est traduite par des difficultés au niveau des finances publiques et une accumulation d'arriérés de paiement intérieurs.
Face à une telle situation économique et financière, une exigence majeure apparaît : insuffler le renouveau économique, en vue de conforter l'avancée démocratique. Aussi, les premières mesures prises par le Gouvernement concernant la maîtrise des dépenses, le contrôle de leur qualité, le respect des procédures et les efforts de recouvrement des recettes et des créances de l'Etat, ont-elles permis, grâce à la rigueur et à la discipline budgétaire restaurées, de reconstituer progressivement la trésorerie de l'Etat. Il apparaît nécessaire, dans ces conditions, de dégager une épargne budgétaire et de mobiliser les ressources intérieures, en vue de contribuer au financement des investissements.
A cet égard, la vision du Gouvernement, découlant du programme du Président, est clairement définie notre document d'orientation stratégique. Conscients des contraintes et forts des atouts, ainsi que des potentialités insuffisamment exploitées, le Président de la République et le Gouvernement entendent impulser une politique de développement hardie, fondée sur une stratégie dont le socle comprend les principaux piliers ci-après :
- la bonne gouvernance, au moyen d'une administration publique de développement exemplaire, au service de l'intérêt général et de la promotion du secteur privé ; dans ce sens, la signature de la charte de fonctionnement du Gouvernement et la déclaration formelle des biens de chaque membre du Gouvernement constituent des signaux forts donnés par l'équipe gouvernementale ;
- la consolidation de la stabilité macroéconomique ;
- le développement global du pays, avec la création de pôles de développement par la promotion de grappes de projets, la diversification des secteurs productifs et des services, l'aménagement du territoire et la réalisation de grands travaux d'infrastructures économiques et sociales. Plus spécifiquement, dans le cadre de la politique de diversification de l'appareil productif, le Gouvernement du Bénin entend engager une révolution verte visant à promouvoir l'agriculture grâce à l'aménagement des riches vallées des fleuves Ouémé, Mono et Niger et soutenue par une réforme agraire ;
· la mise en œuvre résolue des réformes structurelles et des politiques sectorielles, assurant la promotion des entreprises privées et la promotion de l'investissement ; la zone franche industrielle en cours d'aménagement et qui va être élargie aux entreprises de services, jouera un rôle majeur ;
· la prise en compte d'une politique de décentralisation et de développement de proximité, afin d'intégrer toutes les couches sociales dans le système productif.
Des politiques transversales relatives, entre autres, à la valorisation des ressources humaines, la promotion de l'emploi, la fiscalité de développement, le financement, la protection de l'environnement, etc. serviront d'appui aux principaux piliers ci-dessus.
Bien entendu, la mise en oeuvre de cette stratégie de développement, implique un effort soutenu de mobilisation de ressources intérieures. Elle nécessite également un « partenariat public-privé » dynamique, et l'accompagnement de la communauté internationale et des partenaires au développement.
Le Gouvernement est convaincu que la création de la richesse ne peut être que le fait d'un secteur privé dynamique, compétitif et performant, car l'entreprise est la forme d'organisation la plus apte à créer à cet effet. Il faut donc conférer aux opérateurs économiques privés nationaux ou étrangers, la plénitude de leur fonction de production et de création de richesses. Les fonctionnaires et l'Etat ne peuvent pas se substituer aux mécanismes de marché. L'Etat devra, en conséquence, se concentrer sur ses fonctions régaliennes, sur le renforcement des compétences techniques, sur la régulation de l'activité économique, sur l'assainissement du cadre macroéconomique et de l'environnement juridique, réglementaire et sécuritaire, nécessaires au développement des activités du secteur privé.
Le Gouvernement vient d'ailleurs d'adopter il y a trois jours la lettre de développement du secteur privé, destinée à apporter des facilités d'accompagnement aux efforts des opérateurs économiques.
Les principaux axes retenus pour le développement du secteur privé sont les suivants :
- la mise en place d'organes de partenariat avec le secteur privé et de promotion de l'investissement. Un Conseil Présidentiel de l'Investissement (CPI) a été créé. Il a pour mission principale de renforcer le dialogue avec les investisseurs, dans le but d'accélérer l'identification et la mise en œuvre des réformes visant l'amélioration de l'environnement des affaires ;
- l'élimination de tous les obstacles à l'expansion harmonieuse des affaires par le renforcement des corps de contrôle, la lutte contre la corruption. Ainsi, l'Inspection Générale d'Etat, rattachée à la Présidence de la République, vient d'être mise en place. De même, les moyens d'action de la Chambre des comptes, de l'Inspection Générale des Finances et du Contrôle financier des dépenses publiques seront renforcés, à travers l'accroissement des ressources humaines et matérielles mises à leur disposition. En outre, le Gouvernement prévoit d'accroître l'efficacité de l'administration de la justice et du système judiciaire ;
- la mise en œuvre accélérée des réformes structurelles traduit la volonté du Gouvernement d'améliorer la compétitivité de l'économie nationale. Dans ce cadre, le premier objectif est de rendre disponibles et moins onéreux les facteurs de production. Ainsi, les secteurs des télécommunications et de l'énergie électrique seront libéralisés et le Gouvernement entend poursuivre les réformes en cours au Port Autonome de Cotonou, afin d'accroître son efficacité et sa compétitivité. Cette réforme se traduira par la modernisation des infrastructures et des équipements ainsi que par la simplification des procédures.
- la réalisation d'infrastructures de développement : Dans le cadre d'une politique globale d'aménagement du territoire, la réalisation de grands travaux d'infrastructures impliquera l'Etat, les collectivités locales et le secteur privé, avec une stratégie de financement articulée autour de mécanismes complémentaires à travers la promotion de partenariats public/privé (BOT, BOO, BOOT). Des études préliminaires indiquent que ces projets nécessiteraient un besoin de financement de 1.350 milliards de FCFA sur les cinq prochaines années.
- la promotion de grappes de projets pour constituer des pôles de développement.
En conclusion, le Bénin est un pays dont la stabilité démocratique irréversible, a été consolidée par plusieurs alternances transparentes et pacifiques au sommet de l'Etat au cours des quinze dernières années. Le Bénin est un pays qui a opté pour le libéralisme économique en construction.
Pays en friche économique, le Bénin aspire dans le cadre d'une nouvelle vision sans équivoque, avec une gouvernance de qualité, à promouvoir un secteur privé dynamique et de nouveaux pôles de développement, des filières agricoles intégrées, une industrie exportatrice. Des projets se manifesteront, dont la réalisation sera soutenue par le Gouvernement, déterminé à faire du Bénin une économie émergente, compétitive et prospère, au carrefour de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.
Je vous invite donc à accompagner, par le biais de vos canaux de communication, mon pays le Bénin, dans ses efforts de développement et de croissance accélérée, nécessaire à la création de richesses et à la réduction de la pauvreté.
Je vous remercie.
Singapour, 19 20 septembre 2006
Pascal I. KOUPAKI, Ministre du Développement, de l'Economie et des Finances
Publié par djiwan à 22:23:13 dans - Ntic | Commentaires (0) | Permaliens
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